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lundi 13 mars 2023

Fasch (Johann Friedrich)

 

Johann Friedrich Fasch


Johann Friedrich Fasch


Johann Friedrich Fasch est un compositeur, violoniste et organiste allemand, né à Buttelstädt près de Weimar le 15 avril 1688 et mort à Zerbst le 5 décembre 1758.

Il est né dans une famille de musiciens et de théologiens. A l'âge de 12 ans, à la mort de son père, il fut engagé comme soprano à l'orchestre de la cour de Weissenfels. On lui trouva un tel talent vocal qu'à peine un an plus tard il entra à l'école Saint-Thomas de Leipzig, où il fut l'élève du cantor de l'époque, Johann Kuhnau. 

On notera au passage que le successeur de Kuhnau ne fut personne d'autre que le grand Johann Sebastian Bach, et que lui et Fasch sont d'exacts contemporains.

A cette époque, Georg Philipp Telemann résidait également à Leipzig, et Fasch comptait parmi ses admirateurs. Il commença à composer des ouvertures en le prenant pour modèle, et alla même jusqu'à faire passer une de ses œuvres pour une ouverture de Telemann, celle-ci eu beaucoup de succès et personne ne décela la supercherie.

En 1708, le jeune homme entama, tout comme Telemann, des études de droit à Leipzig, et y fonda un deuxième collegium musicum (le premier avait été créé par Telemann). C'est ainsi qu'il devint l'ami d'autres compositeurs tels que Heinichen et Pisendel.

En 1712, il se rendit à Darmstadt où il bénéficia de l'enseignement de Graupner et de Grünewald.

Une fois ses études de droit achevées, il travailla comme secrétaire à Gera, puis comme organiste et greffier municipal à Greiz. En 1717, il épousa Johanna Christina Laurentius qui lui donna une fille en 1720. Elle mourut en mettant au monde un garçon qui lui aussi décéda en bas âge. Il décida de quitter ce triste endroit et entra au service du comte Morzin à Prague.

Enfin, en 1722, on lui proposa de devenir maître de chapelle à la cour de Zerbst. Après deux refus, il finit par accepter l'offre et conserva ce poste jusqu'à sa mort 36 ans plus tard.

En 1728, Fasch eut une idée géniale: il contacta nombre de ses amis musiciens dans d'autres villes telles que Hambourg, Dresde et Darmstadt et suggéra un échange de partitions. Ainsi, quand on fit plus tard l'inventaire de la cour princière de Zerbst, on découvrit de nombreuses pièces d'autres compositeurs tels que Telemann, Heinichen, Pisendel, ainsi que de compositeurs français et italiens, en particulier d'Antonio Vivaldi. Cela permit à Fasch de se tenir régulièrement au courant de toutes le nouveautés.

Johann Friedrich Fasch a composé dans presque tous les genres musicaux en vogue à son époque: musique vocale (sacrée et profane), et musique instrumentale (ouvertures, concertos, trios, quatuors et sonates). Il est un compositeur respecté de tous, y compris de Bach, qui a copié plusieurs de ses ouvertures.

L’œuvre de Fasch a réalisé une transition entre les styles baroque et classique. Dans certaines de ses œuvres tardives, il anticipa de manière tout à fait remarquable les idiomes — mais pas les structures formelles — utilisés ensuite par Gluck, Haydn et Mozart.

Fasch est peu à peu tombé dans l'oubli après sa mort car aucune de ses œuvres ne fut publiée de son vivant. Sa musique ne fut reconnue qu'au vingtième siècle. Aujourd'hui encore, aucun éditeur n'envisage de publier l'intégrale de son œuvre et on commence seulement à prendre pleinement conscience du rôle très important qu'il joua à l'époque.

J'ai un penchant très net pour sa musique instrumentale, et en particulier pour ses ouvertures et concertos. Il composa pas moins de 96 ouvertures et 68 concertos, dans lesquels il fait appel à un nombre très varié d'instruments solistes tels que le basson, le hautbois, la guitare, la trompette, le chalumeau ou le cor de chasse (appelé "corno di caccia").

C'est toute cette musique que j'ai souhaité vous faire découvrir dans cette anthologie de 10 œuvres. Celles-ci ont été classées par ordre thématique dans la mesure où la datation de ces œuvres n'est pas très significative.

D'autre part, j'ai concocté une playlist basée sur ma sélection.





Concerto pour trompette en ré majeur FWV L:D1



Je vous propose de commencer avec un des plus beaux concertos de Fasch, le concerto pour trompette en ré majeur FWV L:D1.

On notera la numération du concerto dans le catalogue thématique FWV, qui signifie "Fasch Werk Verzichnis" (Catalogue des œuvres de Fasch). La première lettre indique le type d'œuvre (en l'occurrence L pour les concertos), suivi d'un autre code, ici D1.

Ce concerto fut créé dans les années 1740. Il s'agit d'un concerto en 3 mouvements suivant en cela la forme établie par Antonio Vivaldi, ils contient des éléments de style français.

J'ai sélectionné la version d'une des plus grandes trompettistes actuelles, la britannique Alison Balsom. Elle est ici dirigée par Pavlo Beznosiuk à la tête de l'Academy of Ancient Music, dans un programme musical qui comprend également des œuvres de Bach, Corelli et Torelli.

L'œuvre dure environ 6 minutes. Voici les 3 mouvements de ce concerto.

I. Allegro.



II. Largo.




III. Allegro.





Concerto pour guitare en ré mineur FWV L:d1



Comment ne pas penser à Vivaldi en entendant le concerto pour guitare de Fasch ? Il s'agit à nouveau d'une œuvre charmante typique du baroque de cette époque, influencée par la musique italienne.

J'ai sélectionné cet album interprété par Jozef Zsapka à la guitare, accompagné par le Slovak Chamber Orchestra dirigé par Bohdan Warchal. L'album contient également deux concertos de Vivaldi et un de Krebs.

Le concerto est en 3 mouvements et dure approximativement 16 minutes.

Voici la version audio du concerto.

I. Allegro moderato.




II. Andante.




III. Un poco allegro.





Concerto pour basson en ut majeur FWV L:C2



Le basson était un instrument de prédilection de Fasch et il lui a consacré de nombreux concertos, seul ou avec d'autres instruments.

J'ai sélectionné cet album dirigé par Pal Németh à la tête de la Capella Savaria, avec Paolo Tognon au basson. On y entend des concertos, des ouvertures et des symphonies de Fasch et de Graupner, qui fut son professeur à Darmstadt.

Le concerto pour basson sélectionné est en 3 mouvements et dure entre 8 et 9 minutes.

En voici la version audio.





Concerto pour deux cors de chasse en fa majeur FWV L:F2



Le concerto sélectionné fut probablement composé entre 1730 et 1755 et proposé par Fasch à la cour de Dresde, les effectifs semblant trop importants pour la petite chapelle de Zerbst.

Dans ce concerto les deux cors de chasse ne sont pas les seuls instruments solistes, même s'ils donnent au concerto une couleur particulière, les autres instruments solistes sont deux hautbois, un basson, et un violon solo dont la partie virtuose était probablement destinée à Pisendel, célèbre violoniste de la cour de Dresde.

Le concerto est dans la lignée directe de Vivaldi et permet à chaque instrument soliste de briller. Il est en trois mouvements (Allegro - Largo - Allegro) et dure environ 13 minutes.

J'ai choisi le bel album de Ludger Rémy et de son ensemble Les Amis de Philippe consacré aux Concertos, Sinfonias et Ouvertures composées par Fasch pour la cour de Dresde.

En voici la version audio.





Concerto pour chalumeau en si bémol majeur FWV L:B1



Le concerto sélectionné est intéressant à plus d'un titre: il est à la fois "moderne" et conservateur. En effet, il s'agit du premier concerto connu pour chalumeau, une sorte d'ancêtre de la clarinette (un instrument à perce cylindrique et à anche simple). Dans le même temps, Fasch utilise l'ancien plan lent-vif-lent-vif de la sonate d'église.

En effet, le concerto est en 4 mouvements (les deux premiers enchaînés): 
  1. Largo
  2. Un poco allegro
  3. Largo
  4. Allegro
et dure entre 11 et 12 minutes environ.

Voici la version audio du concerto, extrait de l'album sélectionné: Trevor Pinnock dirige The English Concert. Le chalumeau est joué par Colin Lawson.

1. Largo 2. Un poco allegro.



3. Largo



4. Allegro





Concerto pour violon en ré majeur FWV L:D8




Le concerto en ré majeur FWV L:D8 est un concerto pour violon, deux flûtes, deux hautbois, basson, cordes et basse continue. Il illustre l'approche innovative de Fasch en ce qui concerne les timbres des instruments et le langage harmonique. Il montre comment un violoniste peut impressionner une audience même et surtout quand il est entouré par d'autres instruments.

En particulier, le second mouvement a une structure en "quatuor": flûte, hautbois, violon et continuo.

L'ensemble de Philadelphie "Tempesta di Mare", qui a consacré plusieurs albums à Fasch, nous permet d'entendre le premier enregistrement de ce concerto, parmi une sélection d'ouvertures et concertos.

Le concerto est en trois mouvements: Allegro - Andante - Allegro et dure entre 10 et 11 minutes.

En voici une interprétation live par le Croatian Baroque Ensemble.





Ouverture en ré mineur FWV K:d3




L'Ouverture sélectionnée est typique des ouvertures de Fasch dans lesquelles il fait preuve de tout son savoir faire à l'égal d'un Telemann. Les mouvements extrêmes sont dans le style français.

J'ai sélectionné cet excellent album de Shalev Ad-El à la tête de l'Accademia Daniel. On notera qu'à côté des ouvertures et des concertos, cet album nous permet d'entendre deux cantates du compositeur et en ce sens fournit un tour d'horizon très intéressant de son œuvre.

Voici la version audio du premier mouvement de cette ouverture.





Ouverture pour trois hautbois, basson, cordes et continuo en sol majeur FWV K:G15




Cette ouverture est certainement une des plus belles composées par Fasch. Elle est incluse dans un album magnifique de Paul Dombrecht à la tête de son ensemble Il Fondamento.

Cette ouverture est en 7 parties et dure un peu plus de 20 minutes.

J'ai sélectionné plusieurs extraits de cette œuvre.

I. Ouverture. Dans le style français.



III. Jardiniers. Une pièce très vive et joyeuse.



V. Bourée.






Trios & Sonates



Fasch ne mérite pas d'être considéré comme un compositeur baroque important uniquement pour ses ouvertures et ses concertos. Il a également composé bon nombre de quatuors, trios et sonates qui font la part belle, à côté du violon, à ses instruments de prédilection que sont le hautbois et le basson.

L'album d'Epoca Barocca nous permet d'entendre 7 de ces pièces.

Comme Youtube propose actuellement l'intégrale de cet album, je me propose de vous faire écouter celui-ci en entier.






Passio Jesu Christi (Brockes-Passion) FWV F:1




Pour terminer cette sélection, j'ai choisi l'œuvre vocale la plus impressionnante de Fasch, la Passio Jesu Christi.

Elle fut probablement composée durant la période 1717-1719 où Fasch officiait à Greiz. Le texte utilisé "Mich von Stricke meiner Süden" ("Des liens de mes péchés") est une version écourtée du fameux livret que l'on doit au poète Barthold Heinrich Brockes, et qui fut utilisé par des compositeurs tels que Handel, Telemann ou Mattheson. Bach l'utilisa également pour sa Passion selon Saint-Jean.

Fasch a considérablement raccourci le texte, en a modifié et en a ajouté. L'œuvre dure environ 70 minutes.

Cette passion fait intervenir le chœur, l'orchestre et trois solistes: un ténor dans le rôle de l'évangéliste, une basse pour Jésus et une soprano pour la Fille de Sion.

J'ai choisi la version interprétée par Mary Térey-Smith à la tête du chœur de la Schola Cantorum Budapestiensis et de l'orchestre de la Capella Savaria.

Voici la version audio de la 1ère partie.









mardi 20 décembre 2022

Couperin (François)

 

François Couperin


François Couperin


François Couperin est né le 10 novembre 1668 et mort le 11 septembre 1733 à Paris. C'est un important compositeur français de la période baroque. 

Il est d'ailleurs surnommé "Couperin le Grand" pour le distinguer d'autres membres de sa famille qui compte de nombreux musiciens, le plus connu étant son oncle Louis Couperin, qui est célèbre pour son oeuvre d'orgue.

François apprend la musique auprès de son père avant même de savoir lire et écrire. C'est probablement par l'entremise de Lalande et de Buterne qu'il entre au service de Louis XIV.

Ses qualités de musicien le font hautement apprécier du souverain, et il est nommé l'un des quatre organistes (par quartier) de la Chapelle royale. Mais Couperin n'obtiendra jamais le poste de claveciniste du roi, que son talent aurait pu lui assurer.

De santé fragile et de caractère peu mondain, Couperin mène une honnête carrière de musicien et de professeur, apprécié cependant des grands du royaume.

François Couperin nous laisse 126 œuvres et il est considéré comme le maître incontesté du clavecin. Il laisse la plus grande oeuvre pour clavecin du XVIIIème siècle avec Rameau.

Il a composé dans les genres suivants: musique pour clavecin, musique pour orgue, musique de chambre (sonates en trio et en quatuor, les Nations, les Concerts Royaux, les Apothéoses, les Goûts Réunis, les deux suites pour viole de gambe), de la musique vocale religieuse (les Leçons de Ténèbres) et de la musique vocale profane (une douzaine d'airs et une seule cantate).

Il a écrit un traité: "L'art de toucher le clavecin".

Si j'ai choisi de vous parler de François Couperin, c'est que j'aime beaucoup le clavecin, et qu'il en est un des spécialistes. 

Outre les pièces pour clavecin, vous trouverez dans la playlist des pièces pour violes, une cantate, les Concerts Royaux, les Nations, deux messes et les fabuleuses Leçons de Ténèbres.

Voici les liens vers la playlist.

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En outre, voici une sélection d'albums qui je l'espère vous donneront envie d'écouter ce compositeur intimiste, qui est à cheval entre la fin du XVIIème et le début du XVIIIème siècle.



Secrets de Roy - Pièces de Violes - Mathilde Vialle et Sébastien Daucé



C'est cet album qui m'a donné envie de vous parler de Couperin. Il se trouve que j'ai eu le privilège d'entendre les artistes de cet album en concert, le 3 décembre dernier, au Théâtre de Caen. Ils ont entre autres interprété les deux suites pour pièces de violes composées en 1728.

L'album met en vedette la violiste Mathilde Vialle accompagnée par Thibaut Roussel (théorbe et guitare baroque), Louise Bouedo-Mallet (viole de gambe) et Sébastien Daucé (clavecin).

Sous Youtube, je n'ai pas trouvé de pièce entière interprétée par les musiciens de l'album mais plutôt un "teaser" avec quelques extraits.



Afin de pouvoir écouter des pièces entières, j'ai sélectionné deux mouvements de la deuxième suite en la interprétés par Jordi Savall.

Voici tout d'abord la "Pompe Funèbre", une pièce sobre et recueillie.



Voici "la Chemise Blanche", une pièce enjouée au titre énigmatique.





Barricades - Thomas Dunford & Jean Rondeau



En 2020, le luthiste Thomas Dunford et le claveciniste Jean Rondeau sortent un album intitulé "Barricades" qui est une sorte d'anthologie de pièces de musique de chambre des plus grands compositeurs français des XVIIème et XVIIIème siècles, de Couperin à Rameau.

Le titre "Barricades" provient de la pièce "Les Baricades Mistérieuses" de François Couperin. C'est probablement la pièce la plus connue du compositeur. Elle est extraite du 6ème ordre du 2nd livre de pièces de clavecin, paru en 1716.

"Les Baricades mistérieuses" sont une pièce emblématique du style brisé ou style luthé propre à l'École française de clavecin ; on ne connaît pas exactement le sens de ce titre particulièrement "sibyllin", mais Norbert Dufourcq propose une explication. Cela proviendrait du heurt entre elles des notes "retardées, prolongées" dans un chant "d'un charme et d'une tristesse infinis". A noter que les fautes d'orthographe dans le titre sont probablement dues à François Couperin lui-même, on trouve de nombreuses pièces pour clavecin mal orthographiées.

Voici "Les Baricades mistérieuses" par Thomas Dunford et Jean Rondeau.





tic, toc, choc - Alexandre Tharaud joue Couperin




En 2007, Alexandre Tharaud sort un album qui fera date dans l'interprétation de François Couperin. En effet, les pièces habituellement interprétées au clavecin, sont ici interprétées au piano. Et, c'est un peu similaire lorsqu'on interprète Bach au piano, on montre par cela-même combien la musique de ces compositeurs est intemporelle et éternelle.

On retrouve sur cet album quelques-unes des plus grandes pièces pour clavecin de Couperin, aux titres originaux et bizarres: les Baricades mistérieuses, le Tic-Toc-Choc ou les Maillotins (qui donne son titre à l'album), les Calotines, le Dodo ou l'Amour au Berceau.

On a la chance de trouver sous Youtube, pour le moment, l'intégralité de cet album. Il est tellement génial que je n'ai pas résisté au fait de le sélectionner.





L'Art de toucher le clavecin - Blandine Rannou




François Couperin a composé en 1716 Huit Préludes en annexe de son traité "L'art de toucher le clavecin". D'autre part, il a composé quatre livres de pièces de clavecin qui forment un total de 27 ordres. 

A noter que François Couperin appelle "ordre" ce qui jusqu'à présent était appelé "Suite". La Suite, comme son nom l'indique, était une suite de danses: allemande, courante, sarabande et gigue. Couperin prenant de plus en plus de libertés avec ces danses et leurs appellations, change le nom de la suite en ordre.

J'ai sélectionné cet album de la claveciniste Blandine Rannou, pour sa qualité. Je trouve que Blandine Rannou a un toucher remarquable et il faut voir comment les pièces de Couperin sonnent sous ses doigts.

L'album comprend les Huit Préludes de "L'art de toucher le clavecin" et quelques pièces extraites des quatre livres de pièce de clavecin. Je vous propose quelques pièces remarquables.

"Le turbulent", une pièce très dynamique.





"Le tic-toc-choc", cela nous permet de comparer avec la version de Tharaud.



"Les Baricades mistérieuses", dans sa version pour clavecin seul.



"La favorite", chaconne.




"La Couperin", est-ce un autoportrait de l'auteur ?



"Les Folies Françoises ou les Dominos". C'est une pièce en 12 couplets. Les dénominations de ces 12 parties sont si originales et si poétiques, que je n'ai pas résisté au plaisir de vous les citer entièrement:
  1. La Virginité sous le Domino couleur d’invisible
  2. La Pudeur sous le Domino couleur de rose
  3. L’Ardeur sous le Domino incarnat
  4. L’Espérance sous le Domino vert
  5. La Fidélité sous le Domino bleu
  6. La Persévérance sous le Domino gris de lin
  7. La Langueur sous le Domino violet
  8. La Coquetterie sous différents Dominos
  9. Les Vieux Galants et les Trésorières surannées sous les Dominos pourpres et feuilles mortes
  10. Les Coucous bénévoles sous des Dominos jaunes
  11. La Jalousie taciturne sous le Domino gris de maure
  12. La Frénésie ou le Désespoir sous le Domino noir




On termine avec "Les Calotins et les Calotines, ou la pièce à tretous".





Pièces de clavecin, Troisième Livre - Blandine Verlet



J'ai également choisi cet album du Troisième livre de pièces de clavecin par Blandine Verlet (Décidément les "Blandine" sont des spécialistes de Couperin!).

A noter que cet album est également centré sur "Les Folies Françoises ou les Dominos" qui constituent son plat de résistance. Cette pièce est ici interprétée un peu plus lentement que par Blandine Rannou.

J'ai sélectionné quelques pièces différentes de celles ci-dessus.

Voici, pour commencer, "la Verneuil", une Allemande noble et raffinée.



Voici une pièce consacrée à la fille de Verneuil, ironiquement intitulée "Verneuillète", une pièce charmante et légère.



On termine avec "Le Gaillard boiteux", on peut y remarquer une "démarche martelée par un clavecin à l'allure orchestrale".





L'Intégrale de Clavecin - Scott Ross




Pour les inconditionnels de Couperin, j'ai sélectionné l'intégrale qui me semble réunir tous les critères de qualité: une superbe interprétation de Scott Ross et une prise de son exceptionnelle pour un coffret de 12 CDs enregistré en 1977-1978.

Il est à noter que les 12 volumes de cette intégrale sont disponibles sous Youtube. J'ai choisi de vous présenter le volume 6, dont le plat de résistance est une pièce en 5 actes intitulée: "Les Fastes de la grande et ancienne Mxnxstrxndxsx".

Il s'agit d'un cycle de pièces publiées à la fin du 11e ordre (Second livre, 1716–1717).

Cet ensemble de cinq pièces, de caractère clairement satirique à l’égard de la Ménestrandise (dont le nom est crypté dans le titre, quoique de façon transparente, pour éviter les ennuis juridiques), tourne en ridicule cette corporation de musiciens qui avait tenté, au cours d’un long combat juridique débuté en 1693, de mettre au pas organistes et clavecinistes de haut rang en interdisant à quiconque d’enseigner le clavecin, qui ne soit auparavant reçu "maître" par la corporation — c’est-à-dire qui ne soit mis au même rang que saltimbanques, bateleurs et musiciens de rue.

Voici le volume 6 de Scott Ross en intégralité.




Ariane et Apothéoses - Christophe Rousset



Cet album nous permet d'entendre la seule cantate composée par Couperin: "Ariane consolée par Bacchus" qui était restée inédite jusque-là.

En voici un version par Stéphane Degout (baryton) accompagné par Les Talens Lyriques dirigés par Christophe Rousset.

J'ai sélectionné l'air: "Amour, vante cette fois..."




L'album comprend également les Apothéoses consacrées à Lully et à Corelli et la Paix du Parnasse.

Voici un extrait de l'Apothéose de Lully, X. Essai en forme d'ouverture. Lully et les Muses françaises, Corelli et les Muses italiennes.



Voici un extrait de La Paix du Parnasse, I. Sonade en trio.



On termine par un extrait de l'Apothéose de Corelli, I. Corelli au pied du Parnasse prie les Muses de le recevoir parmi elles (Grande Sonade en trio).





Les Concerts Royaux - Jordi Savall




Les Concerts royaux est un ensemble de quatre suites (ou concerts) à la française qui ont été jouées entre 1714 et 1715, à la cour de Louis XIV (d'où le qualificatif "royaux"), lors de petits concerts de chambre.

Ils sont destinés à l'écoute plus qu'à la danse. Ils ont été publiés par François Couperin en 1722 à la fin de son Troisième Livre de Clavecin, sans précision quant à l'instrumentation. 

J'ai choisi de vous présenter la version de Jordi Savall, qui se révèle comme un spécialiste de la musique française de cette époque.

Voici pour commencer quelques extraits de ces Concerts Royaux.



Voici le Rigaudon du 4e concert.




Terminons avec "Forlane. Rondeau" du 4e concert.





Les Nations - Jordi Savall



En 1726, Couperin publie son quatrième recueil de musique de chambre, intitulé "Les Nations, Sonades et Suites de Simphonies en Trio". 

L'oeuvre est en quatre livres séparés. Ces quatre "concerts" (ou "ordres") sont constitués chacun d’une sonate et d’une suite de danses et chacun porte un titre: La Française, L’Espagnole, L’Impériale et La Piémontaise. 

Comme souvent chez Couperin, le titre des œuvres, en particulier dans ses pièces de clavecin, questionne l’auditeur. L’appellation "Les Nations" se rapporte évidemment aux pièces du recueil, mais aussi au fait que les styles italien et français sont délibérément réunis, le premier dans le genre de la sonate venue d’Italie, le second dans la suite de danses, tradition pleinement française.

Une fois de plus j'ai sélectionné la version de Jordi Savall qui se distingue par ses couleurs et ses accentuations dynamiques vraiment plaisantes.

J'ai choisi deux extraits pour chacun des quatre concerts.

Premier concert, VII. Chaconne ou Passacaille.



Premier concert, VIII. Gavotte.



Second concert, IX. Bourée.



Second Concert, X. Passacaille.



Troisième Concert, VI. Bourée.



Troisième Concert, IX. Chaconne.



Quatrième Concert, VI. Rondeau.



Quatrième Concert, VII. Gigue.





Messe à l'usage des Paroisses - Michel Chapuis




François Couperin n'a laissé que deux messes pour orgue. Ces deux messes, d'une qualité exceptionnelle, peuvent se définir à la fois comme la synthèse des messes léguées par les grands maîtres parisiens de l'orgue — notamment Nivers, Lebègue ou Raison — et comme un témoignage tout à fait personnel de l'art organistique de l'auteur, d'une grande économie de moyens, aux thèmes originaux et à la construction réfléchie. 

Ce sont deux chefs-d'œuvre incontournables de la littérature destinée à cet instrument. J'ai sélectionné la "Messe à l'usage des Paroisses" interprétée par Michel Chapuis à l'orgue de Saint-Maximim.

Voici en extrait le Kyrie.





Messe Propre pour les Couvents - Olivier Latry




Voici la seconde messe composée par Couperin. Il est à noter que ces deux messes ont été composées en 1690 alors que Couperin n'a que 22 ans.

J'ai sélectionné une version toute récente, puisqu'elle a été enregistrée en janvier et avril 2022. C’est sur le magnifique Grand Orgue historique de la Chapelle Royale de Versailles, dont Couperin fut titulaire de 1693 à 1730, que le célèbre organiste de Notre-Dame de Paris, Olivier Latry, signe une version somptueuse de cette messe d’orgue, entrelacée en première mondiale d’envoûtants "Chants sur le Livre".

Voici un teaser de cet album sous Youtube.





Leçons de ténèbres - Sandrine Piau, Véronique Gens, Christophe Rousset




Les leçons de ténèbres pour le Mercredi saint ont été écrites par François Couperin pour les liturgies de la semaine sainte de 1714 à l'abbaye de Longchamp. 

Elles reprennent le texte des lamentations de Jérémie, issu de l'Ancien Testament où le prophète déplore la destruction de Jérusalem par les Babyloniens. Dans la tradition catholique, elles symbolisent la solitude du Christ abandonné par ses apôtres.

Au disque, j'ai sélectionné la version interprétée par Véronique Gens et Sandrine Piau. Elles sont accompagnées par l'ensemble Les Talens Lyriques dirigé par Christophe Rousset.

Sous Youtube, je vous propose la version de William Christie accompagné par Gwendoline Blondeel (Soprano), Rachel Redmond (Soprano) et Myriam Rignol (Viole de gambe).





lundi 26 septembre 2022

Rameau

 

Rameau



Jean-Philippe Rameau


Jean-Philippe Rameau est un compositeur français et théoricien de la musique, né le 25 septembre 1683 à Dijon et mort le 12 septembre 1764 à Paris.

D'aucuns disent que s'il était mort avant ses cinquante ans, il aurait été considéré comme un musicien raté, à tout le moins comme un compositeur mineur. En effet, et c'est un fait rarissime dans la musique, Rameau commença sa carrière dans le domaine lyrique uniquement après ses cinquante ans et nous laisse une trentaine de chef-d’œuvres de l'art lyrique.

Il ne manqua pas d'être un compositeur controversé; un artiste de cet âge n'allait-il pas donner des œuvres démodées alors que certains considéraient à l'époque que la tragédie lyrique française était déjà un art dépassé ?

Cette controverse donna lieu dans les années 1752-1754 à la célèbre Querelle des Bouffons qui opposa le coin du roi et les défenseurs de la musique française qui soutenaient Rameau, et le coin de la reine réunis autour du philosophe Jean-Jacques Rousseau qui étaient pour une italianisation de l'opéra français et auxquels se sont joint Friedrich Melchior Grimm, le Baron d'Holbach et les encyclopédistes Diderot et d’Alembert.

Personnellement, entre les tragédies lyriques de Rameau et les œuvres de Rousseau ou bien la "Serva Padrona" de Pergolesi, qui fut le déclencheur de la querelle, il n'y a pas photo, et ma préférence va nettement au génie de Rameau.

Rameau était également un théoricien remarquable qui a publié en 1722 un ouvrage de référence le "Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels". Il a écrit au total quatre ouvrages de théorie de la musique.

En tant que compositeur, il nous laisse 76 œuvres dont des pièces pour clavecin, de la musique de chambre, des motets, des canons, des airs, des cantates et ses opéras et musiques de scène. Ce sont ces dernières œuvres qui assureront sa gloire après une éclipse de deux cents ans.

En ce qui me concerne, mes œuvres préférées sont ses pièces pour clavecin et ses opéras. 

Je vous ai préparé une anthologie de ses œuvres, avec en particulier les pièces pour clavecin, la musique de chambre et les opéras.

Voici les liens vers la playlist.

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D'autre part, j'ai préparé un florilège de musique baroque française. J'ai sélectionné une vingtaine de compositeurs français parmi lesquels les plus connus sont Lully, Charpentier, Marais, Couperin et, bien sûr, Rameau.

Voici les liens vers la playlist.

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Enfin, je vous ai également préparé une petite sélection de dix œuvres et les disques associés.

Les œuvres sont présentées dans l'ordre de classement du RCT (Rameau Catalogue Thématique), un catalogue thématique des œuvres de Rameau réalisé en 2007 par Sylvie Bouissou et Denis Herlin.


Premier livre de clavecin - Suite en la mineur RCT 1 (1706)



Le Premier livre de pièces de clavecin de Jean-Philippe Rameau paraît en 1706 lors du premier séjour de Rameau à Paris. 

Le musicien est alors âgé de vingt-trois ans. C'est aussi la toute première des œuvres que nous possédons de lui.

Il s'agit d'un ensemble de neuf pièces en La mineur/majeur qui suit de façon assez libre la structure de la suite de danses classique.

J'ai sélectionné un album d'Olivier Baumont qui nous permet d'entendre en entier ce premier livre de clavecin. L'album nous offre en couplage le second livre et une pièce isolée "Les petits marteaux".

Voici la Gigue extraite de cette suite en la mineur par Olivier Baumont. Il s'agit d'une pièce sautillante et enlevée.



"Les petits marteaux" constituent une petite pièce charmante et humoristique.





Deuxième livre de clavecin RCT 2 & 3 (1724)




Le Deuxième livre de pièces de clavecin de Jean-Philippe Rameau a pour titre exact : "Pièces de clavecin avec une méthode pour la mécanique des doigts".

Le recueil est édité en 1724, alors que Rameau est déjà installé définitivement à Paris et rendu célèbre par son Traité de 1722.

Le recueil est composé de deux suites. La première suite en mi mineur est composée de pièces traditionnelles de la suite et de pièces de caractère aux noms évocateurs. La seconde suite en ré majeur n'est composée que de pièces de caractère, la plupart sont en forme de rondeau.

Plusieurs morceaux seront transcrits plus tard et intégrés dans des œuvres lyriques : L'Entretien des Muses, la musette en rondeau et le célébrissime "Tambourin" (dans les Fêtes d'Hébé), les Niais de Sologne (dans Dardanus) et les Tendres Plaintes (dans Zoroastre).

J'ai sélectionné un excellent album interprété par Trevor Pinnock qui nous donne de larges extraits de ce deuxième livre (couplé à une grande partie du troisième livre).

Voici quelques extraits de ces deux suites.

Extrait de la première suite en mi, voici le célèbre "Tambourin".



On continue, avec des extraits de la seconde suite en ré. Tout d'abord "Les tendres plaintes" interprétées par Jean Rondeau, une pièce mélancolique pleine d'amour.



"Les Niais de Sologne", une pièce pleine d'humour et de malice.



On termine avec "Les Cyclopes", une pièce virtuose dont Trevor Pinnock nous donne la meilleure version.





Troisième livre de clavecin RCT 5 & 6 (1728)




Le Troisième livre de pièces de clavecin a pour titre exact "Nouvelles Suites de Pièces de Clavecin". C'est le dernier recueil pour clavecin seul édité par Jean-Philippe Rameau, en 1728. Par la suite, Rameau ne composera plus pour le clavecin seul, mis à part une pièce isolée pour une occasion spécifique : La Dauphine en 1747.

Comme le recueil de 1724, celui-ci comprend deux suites dont seule la première contient les danses traditionnelles, allemande, courante et sarabande, mais sans gigue. On trouve ensuite une majorité de pièces de caractère.

Plusieurs pièces seront transcrites plus tard pour être incluses dans des œuvres lyriques : Les Sauvages (dans les Indes galantes), le Menuet I (dans Castor et Pollux), la Sarabande (dans Zoroastre).

J'ai sélectionné un album qui me suit depuis des années et qui a accompagné mes premières découvertes de Rameau, il s'agit des "Nouvelles Suites" interprétées par William Christie au clavecin.

Voici quelques extraits de ce troisième livre par des interprètes divers.

La Gavotte et ses six doubles par William Christie. Les six doubles constituent des sortes de variations sur le thème de la Gavotte.



"La Poule" est certainement un des morceaux les plus charmants et les plus drôles de Rameau qui imite à la perfection la poule. La voici interprétée par Trevor Pinnock.



On termine avec un des thèmes les plus connus de Rameau, "Les Sauvages" que l'on retrouve dans son opéra les Indes Galantes. Les voici par Jean Rondeau. On ne peut imaginer thème plus dansant.





Pièces de clavecin en concerts RCT 7-11 (1741)



Les Pièces de clavecin en concerts de Jean-Philippe Rameau, publiées en 1741, constituent le seul exemple de musique de chambre du compositeur et ont été composées en pleine maturité : elles sont de loin postérieures à ses œuvres pour clavecin seul, à sa musique religieuse et se situent après ses premiers chefs-d'œuvre lyrique.

Ces pièces sont constituées de 5 concerts (RCT 7 à 11), eux-mêmes composés de différentes pièces dont la plupart ont des titres évocateurs: Le Vézinet, La Rameau, La Forqueray, La Marais ...

Ces pièces ont également été transcrites pour sextuor.

Voici la première pièce du cycle, La Coulicam (ce dernier est un personnage réel, usurpateur du trône de Perse au XVIIIème siècle). Les interprètes sont Christophe Rousset (clavecin), Kaori Uemura (viole de gambe) et Ryo Terakado (violon).






Motet In Convertendo RCT 14 (avant 1720, révisé en 1751)



Rameau a laissé peu de musique religieuse, alors qu'il a été une grande partie de sa vie organiste. Il faut également noter qu'il ne nous a laissé aucune oeuvre pour orgue. Il semble que lorsqu'il s'est lancé sur le tard dans la carrière de compositeur d'opéras, il ait voulu faire table rase de son passé. Et, en effet, nous avons très peu de renseignements biographiques avant ses quarante ans.

Il donna néanmoins le motet In Convertendo au Concert Spirituel, après l'avoir considérablement remanié. C'est ce motet que je vous propose d'écouter dans la version de William Christie à la tête des Arts Florissants.






Les Boréades RCT 31 (1763)




C'est paradoxalement avec une oeuvre de la fin de la vie de Rameau que je commence l'exploration de son oeuvre lyrique. Les Boréades est en effet une des dernières œuvres du compositeur, écrite à plus de 80 ans. Elle ne fut jamais jouée du vivant de Rameau: quelques répétitions eurent lieu, mais Rameau meurt d'une "fièvre putride" le 12 septembre 1764, et l'oeuvre fut immédiatement retirée du programme des représentations. 

Il fallut attendre près de deux siècles et leur création triomphale en 1982 à Aix-en-Provence par John Eliot Gardiner. Les représentations furent suivies de la publication par Erato d'un superbe coffret que j'ai sélectionné.

Les Boréades constituent une des dernières grandes œuvres de la musique baroque. L’auteur du livret reste incertain même s’il est souvent attribué à Louis de Cahusac, librettiste de nombreuses œuvres de Rameau mais décédé quelques années auparavant.

Alphise reine de la Bactriane doit épouser un des descendants de Borée, les princes Calisis et Borilée, également appelés les Boréades, mais elle aime un étranger, Abaris. Celui-ci aime également Alphise et les deux amants s'assurent de leur amour mutuel. 

Calisis et Borilée, apprenant qu'Alphise leur préfère un autre, en appellent à Borée qui déchaîne les éléments et enlève Alphise dans un tourbillon. Abaris demande son aide à Apollon qui lui envoie la muse Polymnie (son entrée est marquée par un thème magnifique). 

Pendant ce temps Borée continue de menacer Alphise si elle ne choisit pas son époux parmi ses prétendants. Apollon arrive alors et déclare qu'Abaris est son propre fils et celui d'une nymphe descendante de Borée, donc plus rien ne s'oppose à son union avec Alphise. L’amour, le plaisir et la joie sont établis à la demande d’Apollon ; la compagnie commence à danser et les amoureux célèbrent leur triomphe.

Voici la suite des Boréades interprétée par Riccardo Minasi à la tête de l'Orchestre Radio Symphonique de Francfort. (L'entrée de Polymnie intervient à 6'23).



Voici l'entrée de Polymnie, seule, dans la version de John Eliot Gardiner.






Dardanus RCT 35 (1739)




Dardanus est une des plus célèbres tragédies lyriques de Rameau. Le livret de Charles-Antoine Leclerc de La Bruère, d'après les Métamorphoses d'Ovide, comporte un prologue et cinq actes. Il a été beaucoup critiqué pour sa niaiserie, mais cela n'empêcha pas Rameau de nous fournir un grand nombre de très belles pages.

J'ai sélectionné la version de Marc Minkowski dirigeant les musiciens du Louvre avec des solistes prestigieux tels que John Mark Ainsley, Véronique Gens et Laurent Naouri.

Voici l'ouverture.



Premier Tambourin, Deuxième Tambourin.



L'air "Cesse, cruel amour" interprété par Véronique Gens dans le rôle d'Iphise.



Voici l'air fameux "Monstre affreux, monstre redoutable" interprété par Florian Sempey dans la version de Raphaël Pichon. On notera la formidable tenue portée par le personnage!



Enfin, voici la Chaconne finale de l'acte 5.





Les Indes Galantes RCT 44 (1735)




Les Indes Galantes est certainement l'oeuvre la plus connue et la plus jouée de Rameau et le chef-d'oeuvre absolu de l'opéra-ballet.

Composée sur un livret de Louis Fuzelier, cette oeuvre est constituée d'un prologue et de 4 entrées qui constituent 4 histoires indépendantes:
  • Le Turc généreux
  • Les Incas du Pérou
  • Les Fleurs, fête persane
  • Les Sauvages
J'ai sélectionné la version de William Christie à la tête des Arts Florissants.

Voici l'ouverture.



On continue avec le chœur "Tendre Amour", extrait de la troisième entrée "Les Fleurs" par William Christie. On remarquera l'extrême délicatesse de cette pièce, et la ferveur et le sentiment des chanteurs, on touche au sublime.




Voici certainement le passage le plus célèbre et le plus humoristique des Indes Galantes, l'air "Forêts Paisibles" extrait de la quatrième entrée "Les Sauvages". Sandrine Piau interprète Zima et Lisandro Abadie, Adario.

Damon professe l’inconstance, Don Alvar l’amour sérieux et exclusif. Mais Zima ne veut ni d’un époux volage, ni d’un époux jaloux. Elle leur préfère Adario. La Danse du grand calumet de la paix, scelle l'union de Zima et d'Adario, en même temps que la réconciliation entre les Sauvages et les Européens.



Terminons avec la Chaconne finale par les Arts Florissants.






La Naissance d'Osiris RCT 48 (1754)



La Naissance d'Osiris, ou la Fête Pamilie est un acte de ballet composé par Jean-Philippe Rameau sur un livret de Louis de Cahusac. 

Cette œuvre fut écrite pour célébrer la naissance du duc de Berry, petit-fils de Louis XV et futur roi Louis XVI, et créée à Fontainebleau le 12 octobre 1754. Il ne s'agit pas d'une des œuvres les plus connues de Rameau, mais je suis toujours envoûté par sa musique charmante.

J'ai sélectionné la version de la Capella Savaria dirigée par Mary Térey-Smith qui interprète la suite orchestrale.

Voici l'ouverture, une musique très pastorale.



On continue avec la musette.



Les très joyeux "Premier et deuxième tambourin".



La contredanse.



Et, pour les grands amateurs de Rameau, je vous propose la version intégrale de l'acte de ballet par William Christie.





Platée RCT 53 (1745)




Platée est une comédie lyrique, qualifiée de "ballet bouffon" à sa création, le 31 mars 1745 à Versailles, à l'occasion du mariage du fils de Louis XV, le dauphin Louis, avec l'infante espagnole Marie-Thérèse.

"Certains esprits rieurs verront de nombreuses allusions à cet hymen dans l'intrigue entre Jupiter et Platée, notamment à cause de la réputation de laideron qui précédait la pauvre Marie-Thérèse. On ne peut que se réjouir que malgré cette discrète insolence Rameau ait peu après obtenu le poste de Maître de Musique de la Chambre du Roy".

L'œuvre se compose d'un prologue et de trois actes, sur un livret tiré de Platée ou Junon jalouse, du dramaturge Jacques Autreau, inspiré des Béotiques, IXe livre, chapitre III, de la Description de la Grèce, du géographe-historien grec Pausanias.

Jean-Philippe Rameau avait acheté les droits de cet ouvrage, et demanda à l'homme de lettres Adrien-Joseph le Valois d'Orville et à Ballot de Sauvot d'en renforcer l'aspect comique, notamment par l'ajout du personnage de la Folie (porte-parole du compositeur lui-même) et d'une quantité désopilante de rimes en oi qui nous rappellent sans cesse que nous sommes au royaume des grenouilles. 

On reproche souvent au livret de ne pas être à la hauteur de la partition. Cependant, lors de la création, le public n'a pas dû être si sévère, puisqu'on était déjà au quatrième jour de festoiement des noces princières.

Le spécialiste de cette partition semble être Marc Minkowski qui en a donné plusieurs représentations dans une très originale mise en scène de Laurent Pelly en 2002, spectacle repris en 2022.

Voici l'ouverture.



L'air "Quittez, Nymphes, quittez" interprété par Paul Agnew qui campe superbement Platée.



L'Orage.



L'air de la Folie: "Formons les plus brillants concerts", suivi de "Aux langueurs d'Apollon". Mireille Delunsch est insurpassable d'humour dans le rôle de la Folie. La voici, en version concert, qui tente de prendre la place de Marc Minkowski au pupitre. Inénarrable!



Terminons avec l'air final "Chantons Platée, égayons-nous", où tout le monde se moque de Platée, à son grand désarroi.



Et, pour les fans, la version intégrale (d'une meilleure qualité vidéo).