Affichage des articles dont le libellé est Blues. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Blues. Afficher tous les articles

vendredi 10 juin 2022

Fleetwood Mac - Première Partie

 

Fleetwood Mac


Le groupe Fleetwood Mac est intéressant à plus d'un titre. En effet, la plupart des gens connaissent le groupe de pop rock californien, mais on oublie généralement qu'au début le groupe Fleetwood Mac était un groupe britannique qui faisait du "British Blues". 

En fait, le groupe a connu trois périodes bien distinctes:
  1. De 1967 à 1970, c'est la période Peter Green et le groupe fait du blues. C'est une période grandiose.
  2. De 1970 à 1974, c'est une période intermédiaire où le groupe se cherche. Cette période est marquée par l'arrivée de la chanteuse Christine McVie et du guitariste Bob Welch. Cette période a ses aficionados, personnellement, c'est la période que je trouve la moins riche.
  3. De 1975 à nos jours, c'est la période du pop rock californien et du grand succès international avec l'arrivée de Lindsay Buckingham et Stevie Nicks.
Comme le sujet est vaste, j'ai décidé de découper cet article en deux parties. Cette première partie parlera des deux premières périodes avec la mise en exergue de la première période.

D'autre part, j'ai créé une playlist fournissant une anthologie des différentes périodes de Fleetwood Mac.



Période Peter Green (1967-1970)

Notons tout d'abord que le groupe Fleetwood Mac tire son nom de deux membres du groupe: Mick Fleetwood le batteur, et John McVie le bassiste. Ce sont les deux seuls musiciens permanents qui ont fait partie du groupe depuis son début jusqu'à la période présente.

Le groupe est fondé par les guitaristes Peter Green et Jeremy Spencer et le batteur Mick Fleetwood en 1967. John McVie rejoint très vite le groupe.

La formation du groupe se stabilise vers 1969 avec l'arrivée d'un troisième guitariste Danny Kirwan. Il s'agit donc d'une formation assez peu typique.

On voit les membres du groupe à cette époque sur la photo ci-dessus avec de gauche à droite: John McVie (basse), Danny Kirwan (guitare), Peter Green (guitare), Jeremy Spencer (guitare) et Mick Fleetwood (batterie).

Le groupe sort trois albums studio, mais exceptionnellement je vais vous présenter deux compilations du groupe et je vais exclure les deux premiers albums du groupe. La raison en est que les deux compilations contiennent un grand nombre de morceaux inédits et qu'elles sont meilleures que les albums studio. Enfin, je trouve que les deux premiers albums studio ont un côté produit non-fini car, pour une raison que j'ignore, ils ont laissé dans la version finale les interventions des musiciens qui annoncent les différentes prises, de plus certains morceaux sont arrêtés en plein milieu pour passer à la prise suivante.

1969 - The Pious Bird of Good Omen (compilation)



"The Pious Bird of Good Omen" est la deuxième compilation du groupe sortie en 1969. Elle comprend les quatre premiers singles du groupe, deux titres enregistrés par le groupe en accompagnement d'Eddie Boyd, et deux titres tirés de l'album "Mr. Wonderful" (second album studio), paru l'année précédente.

"The Pious Bird of Good Omen" n'est sorti qu'en Europe. Une compilation plus ou moins équivalente, "English Rose", est parue aux États-Unis la même année. J'ai sélectionné cette compilation qui me semble un peu meilleure.

Cette compilation est excellente et tous les titres sont recommandables, j'ai néanmoins fait une sélection.

Voici le clip du blues "Need your love so bad" avec Peter Green à la guitare et au chant.



Voici une version télévisée d'"Albatross" un morceau très planant et un des premiers tubes du groupe:



Enfin, voici une version live de 1970, du tube "Black Magic Woman" qui fut repris avec le succès que l'on sait par Carlos Santana:




1969 - Then Play On (album studio)



"Then Play On" est le troisième album studio du groupe, sorti fin 1969. Il s'agit du dernier album avec Peter Green et marque l'arrivée du guitariste Danny Kirwan au sein de la formation. Dans cet album Christine McVie joue du piano mais à titre d'invitée seulement.

Cet album contient un autre titre vedette du groupe, "Oh Well", en voici une version live de 1969:




1971 - The Original Fleetwood Mac (compilation re-released 2004)



Cette compilation est certainement la meilleure introduction possible à la musique du groupe de cette époque. On reconnaît sur la pochette Peter Green, Jeremy Spencer, John McVie et Mick Fleetwood.

Cette compilation a été publiée une première fois en 1971, mais je vous recommande la version sortie en 2004 car elle contient de nombreux titres bonus. Tous les titres ont été enregistrés entre 1967 et 1968.

Je n'ai pas résisté au plaisir de vous sélectionner un grand nombres de titres extraits de cet excellent album.

"Drifting":



"A Fool No More":



"Worried Dream":



"First Train Home":




"Something Inside of Me":



"Without You":




Période intermédiaire (1970-1974)

En 1970, Peter Green, chanteur du groupe, n'est pas en bonne santé. Il consommera du LSD à Munich, ce qui aurait contribué à l'apparition de symptômes de schizophrénie. Très fragile psychologiquement, et supportant mal son statut de "guitar-hero" que la presse et le public tentent de lui imposer, Peter Green quitte brutalement le groupe au mois de mai 1970. En proie à des crises de plus en plus aiguës, il finit par se faire interner dans un hôpital psychiatrique.

Privé de son leader emblématique, Fleetwood Mac tente malgré tout de survivre et accueille l'arrivée de la claviériste chanteuse Christine Perfect qui se marie à John McVie et devient donc Christine McVie. 

Mais le groupe continue de se désagréger. Jeremy Spencer part rejoindre une secte en 1971, tandis que Danny Kirwan, miné par des problèmes d'alcool, s'en va à son tour en 1972.

Le groupe recrute alors le guitariste Bob Welch qui va se partager le chant avec Christine McVie.

De cette période dans laquelle paraissent six albums studio, je n'en ai retenu que deux.

1972 - Bare Trees



Le plus grand succès de cet album est la chanson de Bob Welch "Sentimental Lady" qui atteint la 8ème place du hit-parade américain.

Le style du groupe a changé et on est passé du blues à du pop rock. "Sentimental Lady" est une ballade romantique, en voici une version live avec Bob Welch au chant, accompagné par Christine McVie.



"Spare Me a Little of Your Love" nous permet d'entendre Christine McVie au chant:




1973 - Mystery to Me



Le huitième album du groupe s'appelle "Mystery to Me" et ce qui est un "mystère pour moi" c'est le choix de cette pochette !!!

Voici le titre "Emerald Eyes" chanté par Bob Welch:



Voici le titre "Keep On Going" chanté par Christine McVie:



On termine avec le titre "Hypnotized" et même si la vidéo est de mauvaise qualité j'ai choisi la version live donnée en 1975 au Capitol Theatre car on voit pour la première fois Lindsey Buckingham et Stevie Nicks qui interprètent cette chanson de Bob Welch. Cela va préfigurer la troisième période du groupe qui sera traitée dans l'article suivant.






vendredi 13 mai 2022

Steve Miller Band

 

Steve Miller


Steve Miller Band


Le Steve Miller Band est un groupe de rock américain formé en 1966 à San Francisco, Californie. Le groupe est dirigé par Steve Miller à la guitare et au chant.

Steve Miller est d'ailleurs le seul membre permanent du groupe depuis sa création. Le groupe a connu de nombreux changements de personnel. Les membres les plus connus ont été Boz Scaggs (guitare et chœurs de 1967 à 1968) et Nicky Hopkins (claviers, en 1969 et 1970, à noter qu'il a également joué des claviers sur certains albums des Rolling Stones).

Le groupe sort des albums et des singles depuis 1968 et a actuellement sorti 18 albums studio, six albums live, sept albums de compilation (officiels) et au moins 29 singles. Ses titres les plus connus sont "The Joker", "Fly Like An Eagle", "Rock'N Me" et "Abracadabra".

Au début le groupe s'appelait le Steve Miller Blues Band, mais il a ensuite été renommé en Steve Miller Band. Si, au début, le style du groupe était principalement orienté blues, le groupe a abordé différents styles: rock, blues, folk, country, pop, allant même jusqu'à produire des morceaux funk dans les années 80.

Le groupe est toujours actif aujourd'hui, et même s'il a sorti son dernier album studio en 2011, il a publié en 2019 une compilation sous forme de triple album: "Welcome to the Vault". Les deux derniers albums sont plutôt dans un style blues, une sorte de retour aux sources.

Je vous ai concocté une petite compilation des meilleurs titres du groupe avec quelques extraits de concerts qui vous permettront d'admirer la grande maîtrise de Steve Miller à la guitare.


1968 - Sailor



En octobre 1968 sort chez Capitol Records le second album du groupe. Il s'agit d'un album au style psychédélique et blues rock. Parmi les musiciens de l'album, on retrouve Boz Scaggs à la guitare et au chant sur deux morceaux.

Sur le titre "Living in the USA", l'auteur donne une vision militante sur le côté factice du rêve américain. La seule chose agréable que semble apporter la société américaine c'est le cheeseburger. Il ne faut pas oublier que nous sommes en pleine période hippie, de guerre du Vietnam et de remise en cause des valeurs de la société.

Voici une version live donnée à Austin en 2011:



Le morceau "Quicksilver Girl" parle d'une fille "vif-argent" qui aime la liberté et le monde.




1969 - Brave New World



Le troisième album du groupe sort en 1969, il continue dans un style psychédélique et blues.

Le premier morceau est "Kow Kow" (parfois intitulé "Kow Kow Calqulator"), un récit surréaliste sur un opérateur qui possède un alligator dans un ascenseur chromé et sur une guerre causée par deux généraux qui s'accusent mutuellement de la mort d'un cheval. Moralité: il faut laisser sa lumière intérieure briller. Je ne sais pas trop ce que Steve Miller avait fumé quand il a écrit cette chanson !



Dans "Space Cowboy", Steve Miller fait référence à deux chansons précédentes: "Living in the USA" et "Gangster of Love". Il dit qu'il en a assez des chansons d'amour, des militaires et des religions "new age" dans un monde de plus en plus sombre. Il est le cow-boy de l'espace (l'espace était à la mode à l'époque - c'est l'année du premier pas sur la lune) et il va s'assurer que ses amis ne soient pas blessés.



Paul McCartney a participé au morceau "My Dark Hour" (crédité sur l'album comme "Paul Ramon") aux chœurs, batterie, guitare et guitare basse.

"My Dark Hour" a été enregistré lors d'une session de fin de soirée le 9 mai 1969 après une dispute sérieuse entre McCartney, John Lennon, George Harrison et Ringo Starr au sujet de la signature d'un contrat nommant Allen Klein comme directeur financier des Beatles. 

Lennon, Harrison et Starr sont sortis, tandis que McCartney est resté aux Olympic studios. Miller était présent et Paul et lui ont commencé à jammer.

Le riff de guitare principal de "My Dark Hour" a également été utilisé comme riff d'intro pour la chanson titre de l'album "Fly Like an Eagle" de Steve Miller en 1976.

La chanson raconte l'histoire d'un malheureux qui va chez le docteur, qui lui dit qu'il ne va pas bien du tout. Il doit affronter une "heure sombre".





1970 - Number 5



Le cinquième album de Steve Miller Band est sobrement appelé "Number 5".

Le morceau "Hot Chili" parle d'un séjour au Mexique où le protagoniste pourra profiter des belles señoritas et goûter un "piment fort". La musique fait appel à des trompettes mexicaines.





1973 - The Joker



The Joker est le huitième album studio du Steve Miller Band. L'album a été enregistré aux Capitol Studios et publié par Capitol Records en octobre 1973. 

Cet album marque une période de changement significatif pour le groupe alors que le groupe passait d'une musique psychédélique à un son rock & blues plus mélodique et doux. Peut-être pas par hasard, c'était aussi leur premier succès commercial en raison de la large diffusion radiophonique de la chanson titre. La chanson titre a pris 19 jours à être enregistrée. 

L'album a atteint la deuxième place du Billboard 200 et a été certifié Platine aux États-Unis. Il a atteint la première place des classements des albums Cash Box le 8 janvier 1974.

La pochette de l'album est également considérée parmi les meilleures du genre; par exemple, le magazine Rolling Stone la classera comme l'une des "100 meilleures pochettes d'albums de tous les temps".

Le premier morceau que j'ai sélectionné est "Mary Lou", l'histoire d'une jeune femme pas très recommandable.

Voici une version live de 2013:



"The Joker" est l'histoire d'un type pas très sérieux qui se définit lui-même comme: quelqu'un qui cueille (ce qui passe à portée de sa main), qui sourit, qui est amoureux, qui est un pécheur, un farceur, un fumeur, un fumeur de marijuana. Steve Miller fait au passage référence à trois de ses anciennes chansons: "Space Cowboy", "Gangster of Love" et "Enter Maurice". La rythmique du morceau est chaloupée un peu comme dans le reggae.

Voici le clip original:




1976 - Fly like an Eagle



Fly Like an Eagle est le neuvième album studio du groupe, sorti en mai 1976.

L'album a été un succès, engendrant trois singles : la chanson titre, "Take the Money and Run" et "Rock'n Me", et a finalement reçu la certification quadruple platine aux Etats-Unis.

Dans le titre "Fly Like an Eagle" on entend un nouvel instrument utilisé par le groupe, un synthétiseur Roland, qui sert à faire tous les effets sonores du morceau.

Voici une version live de 2005 avec le guitariste Joe Satriani en invité:



J'ai ensuite choisi le morceau "Dance Dance Dance", dans un concert donné à Chicago. Il s'agit d'un morceau country gai et festif.



Enfin voici "Rock'N Me" et son superbe riff de guitare, extrait du live à Chicago.




1977 - Book of Dreams



Ce dixième album n'est pas loin d'être reconnu comme un des meilleurs albums du groupe.

D'autre part, on peut remarquer sur la pochette la première utilisation du cheval ailé qui depuis est devenu le symbole du groupe. Il est notamment utilisé sur plusieurs pochettes de compilations.

Le morceau "Jet Airliner" décrit une personne habituée à voyager en avion et qui voudrait bien revenir chez lui. On comprend une référence à la vie des artistes qui sont tout le temps en tournée.



Le titre "Swingtown" est un morceau dansant et gai, une simple invitation à danser et se divertir. On remarquera le rôle important de la basse dans ce morceau, que l'on sent proche de l'esprit funk.



"Jungle love" raconte une histoire d'amour passionnée dans les îles.


 

1981 - Circle of Love



Ce onzième album a un peu moins marché que les précédents. Néanmoins, ce qui en fait l'originalité c'est un long morceau de 16 minutes intitulé "Macho City" et qui est carrément funky.

En voici une version écourtée donnée par les musiciens du groupe déguisés pour Halloween en 1983. Un morceau très dansant à la rythmique lourde.




1982 - Abracadabra



Ce douzième album est résolument pop rock. Les chansons ont moins de profondeur mais sont rondement produites. Personnellement, l'album ne me laisse pas un souvenir impérissable, sauf bien entendu le morceau-titre qui lui est à nouveau un des titres phares du groupe.

Voici le clip original de l'époque, je ne me lasse pas d'entendre ce morceau !




1993 - Wide River



J'ai sauté quelques albums qui m'ont semblé moins remarquables pour passer directement au quinzième album qui me semble très bon.

J'en ai d'ailleurs extrait quatre titres.

Voici tout d'abord "Midnight Train", sur quelqu'un qui rejoint son amie par "le train de minuit" pour ne pas la laisser seule.




Ensuite, j'ai sélectionné "Circle of Fire", une chanson d'amour avec des métaphores comme "cercle de feu", "rivière de passion" et "rivière d'amour". Une chanson typique du style rock/blues du Steve Miller Band.



Puis, voici le morceau "Stranger Blues" dont j'ai trouvé une excellente version live dans laquelle Steve Miller est accompagné par Peter Frampton à la guitare. Ici Steve Miller renoue avec le meilleur du blues.



Enfin, voici une reprise d'un morceau d'Otis Rush: "All Your Love". Ecoutez cette version interprétée par Steve Miller avec Carlos Santana et Ry Cooder en 1992. Il s'agit d'un morceau blues utilisant des rythmes latinos, qui n'est pas sans évoquer "Black Magic Woman".




2010 - Bingo!



Hé oui ... il faut attendre 17 ans avant que Steve Miller Band sorte son album suivant (le seizième). Il s'agit d'un excellent album et d'un retour au blues. A noter qu'on trouve sur cet album une nouvelle version du morceau "All Your Love".

J'ai sélectionné le morceau "Hey Yeah" qui fut le premier single de l'album.



Et le titre "You Got Me Dizzy", un blues rapide dans la plus pure tradition.



2011 - Let Your Hair Down



Le dix-septième album sort 10 mois plus tard et est à nouveau un album de style blues.

J'ai d'abord choisi le morceau "No More Doggin'", un morceau bluesy avec harmonica.



Ensuite, voici une belle reprise du célèbre "Sweet Home Chicago":



On termine cette sélection avec le titre "Tell Me What's The Reason":





mardi 10 mai 2022

Norah Jones

 

Norah Jones


Norah Jones


Norah Jones est une chanteuse, musicienne et actrice américaine née le 30 mars 1979 à New York sous le nom de Geetali Norah Jones-Shankar (elle change officiellement son nom en Norah Jones à l’âge de 16 ans). 

Elle est l’une des filles du célèbre joueur de sitar indien Ravi Shankar, de la productrice américaine Sue Jones, et la demi-sœur de la joueuse de sitar Anoushka Shankar. 

Son œuvre est associée au courant du jazz vocal, mais elle mélange au jazz des influences country, folk, soul et blues.

La carrière de Norah Jones est lancée en 2002 avec la sortie de son premier album, Come Away with Me, qui se vend à plus de 27 millions d'exemplaires (chiffre de 2016). La chanteuse reçoit cinq Grammy Awards pour cet album, dont celui de la « meilleure nouvelle artiste ». 

Norah Jones a vendu plus de 40 millions d'albums dans le monde entier, et elle a sorti à ce jour 10 albums studio. Il faut également compter ses très nombreuses participations aux albums d'autres artistes.



J'ai souhaité écrire cet article pour vous parler de ma chanteuse de jazz préférée, et aussi pour commémorer les 20 ans de la sortie de son premier album, "Come Away with Me", ainsi que celle d'une réédition spéciale (Super Deluxe Edition) de cet album en 3 CDs avec des démos, des pistes alternatives et des inédits.

Voici une anthologie des morceaux de Norah Jones sous YouTube.



2002 - Come Away With Me



Pour un premier album, c'est certainement l'album de tous les records. Il a été certifié aux Etats-Unis disque de diamant (c'est-à-dire, 10 fois disque de platine!).

En France, il se classa également à la première place des ventes d'albums le 29 juin 2003 et à fin 2018, il s'était vendu à plus d' 1 600 000 exemplaires.

Ce qui a fait le succès de cet album, c'est d'abord l'incroyable voix de Norah Jones, et cet alliage très original entre jazz, folk et country que l'on n'avait jamais entendu comme cela auparavant.

Enfin, je pense que Norah Jones frappe très fort dès le début avec les deux tubes absolus que sont "Come Away With Me" et "Don't Know Why".

Voici donc quelques pépites de cet album absolument divin!

Commençons par le clip original de "Come Away With Me", écoutez bien la façon dont Norah Jones chante les mots "in the night", incroyable ...



Voici une version live de 2002 de "Don't Know Why":




Voici "Cold Cold Heart" dans une version live donnée à la Nouvelle Orleans en 2003. On remarquera le fabuleux accompagnement de la contrebasse dans ce morceau.



On continue avec "I've Got to See You Again" au festival Sopot en Pologne en 2007:



Voici enfin un morceau inédit que l'on retrouve uniquement sur la nouvelle édition 2022 de l'album: "Fragile".






2003 - The Peter Malick Group - New York City




En 2003, Norah Jones chante sur cet album de The Peter Malick Group. Peter Malick est un guitariste de blues américain.

J'ai sélectionné le morceau-titre "New York City", dans lequel on remarque le rôle important de la basse.




2004 - Feels Like Home



Ce second album est également une réussite. Aux Etats-Unis, un million d'exemplaires est vendu pendant les deux premières semaines.

Le titre "Sunrise" remporte un Grammy Award en 2005, c'est une de mes chansons préférées. Voici le clip original si poétique par son côté naïf, voire surréaliste.



On continue avec "What Am I To You ?", en version concert en 2002 à la Nouvelle Orléans:


Et le morceau "Creepin' In". Sur l'album Norah Jones le chante en duo avec Dolly Parton. Il s'agit d'un morceau country.




2007 - Not Too Late


On continue dans la même veine jazz, country et folk pour ce troisième album.

J'ai sélectionné le morceau "Wish I Could":



Voici le clip plein d'humour de la chanson "Sinkin' Soon":



On termine avec "Thinking About You" en version live à Austin, une belle ballade:




2009 - The Fall



A partir de 2008 Norah Jones va sortir des albums un peu plus pop et moins jazzy. Personnellement, j'accroche moins.

De cette période, j'ai sélectionné le morceau "Chasing Pirates" sur l'album "The Fall". Voici le clip officiel du morceau.


 


2013 - Anoushka Shankar - Traces of You



En 2013, Anoushka Shankar, la demi-sœur de Norah, sort un album intitulé "Traces of You". Norah Jones chante sur trois chansons de l'album.

Voici le clip du titre éponyme "Traces of You", Anoushka Shankar y joue du sitar.





2016 - Day Breaks




L'album "Day Breaks" renoue avec le côté jazz que j'aime bien de Norah Jones. On retrouve plusieurs chansons magnifiques sur cet album.

Tout d'abord, j'ai sélectionné "Tragedy", voici une version live donnée par Norah au grand studio RTL. On remarquera la grande qualité de la prise de son.



Ensuite, le morceau "Flipside", extrait du concert donnée par Norah Jones à Ronnie Scott's.



Voici le clip officiel de la chanson "Carry On".


On termine avec une reprise d'un superbe morceau de Duke Ellington: "Fleurette Africaine (African Flower)".




2020 - Pick Me Up Off The Floor



On continue dans la veine jazzy avec cet album de 2020.

J'ai choisi les titres suivants:

Tout d'abord, "How I Weep" donné en session live en avril 2020 par Norah pendant le confinement. On notera que Norah Jones a été très active pendant les confinements et a donné plusieurs concerts live sur les réseaux sociaux.



On continue avec "This Life", une chanson sur la pandémie qui a changé la vie telle qu'on la connaissait.



On termine avec le morceau "To Live" avec un clip dans le ton du confinement où chaque musicien joue de chez lui.




2020 - Puss N Boots - Sister



En 2008,  Norah Jones forme avec Sasha Dobson et Catherine Popper un trio de country alternative appelé "Puss N Boots". Le groupe a sorti deux albums et un EP.

J'ai sélectionné dans leur album de 2020 intitulé "Sister" le titre éponyme. A noter le côté plus rock de ce titre par rapport à la production habituelle de Norah.



On termine avec le titre "It's Not Easy":




mardi 29 mars 2022

Jethro Tull

 

Jethro Tull

Jethro Tull


Jethro Tull est un groupe de rock britannique, originaire de Blackpool, en Angleterre. Formé vers 1967, sa musique est marquée par le style vocal très particulier du leader Ian Anderson (une voix nasillarde mais remarquablement juste), son travail unique de flûtiste, et par des constructions de chansons inhabituelles et souvent complexes. 

La musique du groupe incorpore des éléments de musique classique et celtique, du blues (surtout à ses débuts), et connaît des phases allant du rock alternatif au hard rock en passant par le rock progressif. En simplifiant, on pourrait dire que Jethro Tull est le principal représentant du "folk progressif".

Le groupe a connu de nombreux changements d'instrumentistes au cours de sa carrière (notamment concernant la basse, la batterie et les claviers), mais se caractérise par la présence permanente de son leader charismatique, virtuose de la flûte, chanteur et auteur-compositeur Ian Anderson.

Sur la photo ci-dessus, j'ai choisi de vous présenter le groupe à son apogée, c'est-à-dire lors de la sortie de l'album "Thick as a Brick" en 1972. Vous avez de gauche à droite: Ian Anderson (chant, flûte, guitare, etc.), John Evan (claviers), Jeffrey Hammon (basse), Barriemore Barlow (batterie) et Martin Barre (guitariste du groupe de 1968 à 2012).

Au moment où j'écris cet article, en 2022, le groupe a sorti 22 albums studio depuis sa création et a reçu un Grammy Award en 1988 pour le meilleur album hard rock de l'année: "Crest of a Knave". 

Aujourd'hui, il est toujours actif et a sorti son dernier album en 2022: "The Zealot Gene".

A noter que le groupe tire son nom d'un agronome du XVIIIème siècle qui a inventé le semoir en 1701, et que c'était le nom du groupe lorsqu'il a signé avec la compagnie de disques.

Si j'ai choisi de vous parler de ce groupe, c'est que je le considère comme un groupe important, par l'originalité de sa discographie et de son leader, car il n'est pas courant d'entendre de la flûte dans le rock. Il faut noter également la qualité des prestations scéniques du groupe et la qualité des paroles.

Je vous ai concocté sur les principales plateformes de streaming une playlist avec les meilleurs morceaux du groupe.


D'autre part, je vous propose ci-dessous une sélection des meilleurs albums et des meilleures chansons du groupe.


1968 - This Was



This Was est le premier album studio de Jethro Tull. Il est sorti le 25 octobre 1968 sur le label Island et a été produit par Terry Ellis et le groupe.

Après un premier single, Sunshine (paru sous le nom de groupe Jethro Toe) sorti en février 1968 et produit par Derek Lawrence, le groupe signe avec le label Island Records et entre dans les studios Sound Techniques de Londres pour enregistrer son premier album. Il s'agit de l'unique album du groupe avec le guitariste Mick Abrahams.

This Was reste classé 17 semaines dans les charts britanniques, culminant à la dixième place.

Il s'agit d'un album plus bluesy que ses successeurs.

J'ai sélectionné "Serenade To A Cuckoo", un morceau plutôt jazzy, dans une version live à Lugano en 2005.


Voici "Dharma For One", un morceau instrumental avec un solo de batterie, dans une version live à Bâle en 2008.



1969 - Stand Up


Il est le premier album avec Martin Barre à la guitare en remplacement de Mick Abrahams parti former Blodwyn Pig. Il fut enregistré en avril 1969 dans les studios Morgan de Londres à l'exception de "Bourée" qui fut enregistré dans les Studios Olympic de Londres le 24 avril 1969. 

Il entre directement à la première place des charts britanniques où il restera classé pendant 29 semaines. Il se classa à la 20e place du Billboard 200 et fut certifié disque d'or aux États-Unis en 1972 pour la vente de plus de 500 000 exemplaires.

Il contient un de leurs plus fameux titres, "Bourée", une adaptation de la "Bourrée" de la suite pour luth n° 1 en mi mineur de Jean-Sébastien Bach (BWV 996). 

En voici une version live de 2005 à Lugano.


Le titre "We Used To Know" parle des mauvais jours du passé quand le groupe n'était pas connu et que les musiciens étaient en galère. La progression d'accords du morceau a largement été réutilisée par le groupe Eagles (qui avait joué en même temps que Jethro Tull) sur le titre "Hotel California".


Le protagoniste du morceau "Living In The Past" aime une femme et ne veut pas penser à la guerre actuelle (la guerre du Vietnam), mais plutôt penser au passé et ne pas prendre part à la révolution (les mouvements hippies pacifistes). Voici une version live de 1976 où l'on retrouve Ian Anderson chevelu!



1970 - Benefit



L'album est enregistré pendant les mois de décembre 1969 et janvier 1970 aux Studios Morgan à Londres et est produit par Ian Anderson. C'est certainement l'album le plus sombre et le plus cynique du groupe, le résultat de l'incompréhension de Ian Anderson envers l'industrie du disque et les pressions commerciales des maisons de disques.

C'est le premier album avec John Evan aux claviers. C'est aussi le dernier avec le bassiste Glenn Cornick qui quittera le groupe à la fin de la tournée en décembre 1970. 

C'est le premier album de Jethro Tull a dépasser le million d'exemplaires vendus.

Dans "To Cry You A Song", le héros revient d'un voyage en avion vers sa bien-aimée pour lui "crier" une chanson. Il est très doux pour lui de la retrouver. On remarquera le riff de guitare très original.


On trouve sur le même album la chanson "Teacher", qui s'intéresse aux donneurs de leçons qui s'intitulent eux-mêmes "Professeur" et qui recommandent à l'artiste de prendre du plaisir en voyageant, ou en se bronzant sur la plage. Le "professeur" a d'ailleurs bien profité de ce que l'artiste lui à offert. Mais cela ne satisfait pas l'artiste qui a d'autres idées sur la vie.



1971 - Aqualung


Aqualung est le quatrième album studio du groupe Jethro Tull, sorti en 1971 par le label Chrysalis Records. Il est considéré, malgré le désaccord des membres du groupe à ce sujet, comme un album-concept abordant le thème de la distinction entre Dieu et la religion. Ian Anderson compose et écrit l'intégralité des chansons.

L'album est enregistré aux Island Studios à Londres, avec John Evan et Jeffrey Hammond qui participent à leur première séance d'enregistrement avec le groupe, respectivement en tant que claviériste et bassiste.

Plus de 7 millions de copies d'Aqualung sont vendues, en faisant l'incontestable succès de la formation britannique. L'accueil critique est très favorable, l'album figurant régulièrement dans des classements établis par les critiques. Grâce au succès commercial international de l'album, Jethro Tull accède à une notoriété mondiale et s'impose comme un des pionniers du rock progressif britannique.

Il s'agit certainement d'un des meilleurs albums du groupe. 

La chanson "Aqualung" traite de notre réaction face à la population des sans-abri. Ian Anderson a écrit la chanson et l'a appelée "une chanson de confusion empreinte de culpabilité sur la façon dont vous traitez les mendiants, les sans-abri".

Dans cette chanson, Aqualung est un sans-abri avec une mauvaise hygiène. Ian Anderson l'a écrit en s'inspirant de photographies réelles de sans-abri. La femme de Ian à l'époque, Jennie, était une photographe amateur et avait apporté des photos à Ian sur ce sujet.

Ian intitule la chanson "Aqualung" d'après un appareil respiratoire portable pour les plongeurs. Anderson a imaginé ce surnom à cause de problèmes respiratoires qu'il imagine au sans-abri.

Ce qu'Anderson ne savait pas, c'est qu'Aqualung était un nom de marque et qu'il a risqué un procès qui finalement n'a pas eu lieu.

La couverture de l'album est une aquarelle du personnage Aqualung créée par l'artiste Burton Silverman. Burton a pris quelques photos d'Ian Anderson portant son vieux pardessus avant de peindre la couverture, et le travail qui en a résulté ressemble beaucoup à une version hagarde d'Ian. Malgré les réticences d'Anderson, qui n'en était pas satisfait, la couverture est devenue une image emblématique du rock.

Voici une version donnée à Montreux en 2003 de ce titre légendaire.


On continue la galerie de portraits de gens bizarres, effrayants ou amusants que Ian Anderson a rencontré dans Londres en se promenant avec le titre "Mother Goose". Cette chanson est écrite comme une comptine aux accents folk. Voici une version donnée à Lugano en 2005.


Voici enfin mon morceau préféré "Locomotive Breath", écrit par Ian Anderson.

La locomotive de cette chanson échappe à tout contrôle et est une métaphore des problèmes de notre société. 

Anderson a donné une explication détaillée de la chanson dans une interview de 2013 , où il a déclaré: 

"Quand je l'ai écrite, je n'avais pas délibérément voulu écrire un morceau de musique sur un sujet particulier. Mais cela a évolué au cours du processus d'écriture pour devenir pas très spécifique, mais sur les problèmes de surpeuplement - la sensation plutôt claustrophobe de beaucoup de gens dans un espace limité. Et l'idée de la locomotive imparable incessante étant la métaphore de l'expansion apparemment inarrêtable de la population sur la planète Terre.

Quand je la regarde aujourd'hui, elle devient, pour moi, très cristallisée en tant que chanson sur l'expansion ingérable de la population. C'est quelque chose qui me préoccupe encore plus aujourd'hui qu'à l'époque où je l'ai écrite, lorsque la population de la planète Terre n'était qu'environ les deux tiers de ce qu'elle est aujourd'hui. 

Ainsi, au cours de ma seule vie, nous avons vu une énorme augmentation de la population et une énorme augmentation de la mesure dans laquelle nous dévorons nos ressources limitées. Donc, l'idée de la planification et de la gestion de la population est quelque chose à laquelle je pense que nous devrions réfléchir beaucoup plus que nous ne le faisons. 

Cela signifie-t-il que je pense que nous devrions stériliser tout le monde après l'âge de 30 ans ? Non bien sûr que non. La taille de la famille que vous souhaitez avoir sera votre choix. Mais vous devez faire ce choix en toute connaissance de cause, avec sagesse et responsabilité."

Cela fait réfléchir, non ?

On retrouve le côté implacable de cette locomotive imparable et incessante dans le rythme de la chanson. En voici une version live aux AVO Sessions, un morceau d'anthologie!



1972 - Thick as a Brick



Thick as a Brick est le cinquième album de Jethro Tull. Il est sorti le 3 mars 1972 sur le label Chrysalis Records et fut produit par Ian Anderson.

En réaction aux critiques qui qualifiaient l'album précédent du groupe, Aqualung, d'album-concept, contre l'avis même de Ian Anderson, celui-ci décide d'écrire et enregistrer un véritable album-concept sur un mode ironique, composé d'une seule chanson occupant la totalité de l'album (soit 43 minutes).

Les paroles sont présentées comme un poème écrit par Gerald Bostock, un enfant de huit ans, qui avait reçu un prix pour son œuvre avant de se le voir retirer pour avoir prononcé un gros mot à la télévision ; l'article en une de la pochette décrit en détail cette affaire totalement fictive.

Il s'agit du premier album du groupe à se classer en tête du Billboard 200, et, d'une manière générale, il est considéré comme le meilleur album du groupe par les amateurs de rock progressif.

Voici un extrait d'une interview de Ian Anderson donné le 23 décembre 1991 dans l'émission US radio show dans laquelle il explique les paroles de la chanson "Thick as a Brick":

"Thick as a Brick", qui peut se traduire par "Épais comme une brique", est vraiment une expression d'argot du nord de l'Angleterre, où j'ai passé mes (enfin, une partie de mes) années de jeunesse. Décrire quelqu'un comme étant "épais comme une brique" signifie, en gros, qu'il est stupide. Vous savez, être "épais", comme dans "tête épaisse", épais comme une "brique", la brique étant un petit objet dense. 

"Donc je parlais vraiment des gens qui sont intellectuellement incapables d'absorber quoi qu'il ait pu être dit dans les termes légèrement fantomatiques et explosifs des paroles de l'album."

"La façon dont j'écris permet à beaucoup de gens d'interpréter à leur manière. Je ne dis pas qu'une seule chose. Je dis beaucoup de choses à beaucoup de gens. La musique signifie différentes choses pour différentes personnes." 

"Je tiens à insister pour que chaque auditeur fasse un petit effort pour écouter la musique, les paroles, et interpréter ce que je dis. Mes mots font sortir des antennes. C'est aux auditeurs de les capter et d'obtenir d'eux ce qu'ils souhaitent."

Ian Anderson ne se fait d'ailleurs pas d'illusion et dit dans la chanson: "I may make you feel but I can't make you think" ("Je peux vous faire ressentir mais je ne peux pas vous faire réfléchir").

Il s'agit d'une sorte de mélange entre une pièce de théâtre et une fable, avec la morale: "Ne suis jamais aveuglément quelqu'un d'autre, surtout s'il dit qu'il sait mieux que toi, car il est fort probable qu'il ne le sache pas. Pense par toi même."

Pour ceux qui sont intéressés par plus de détails, le texte intégral en anglais et en français de l'album est disponible à l'adresse suivante:

https://jethrotull.com/taab-french-translation/

J'ai sélectionné deux extraits de cet album. Le premier est une version live interprétée en Islande en 2014, un des sommets musicaux du groupe.


J'ai complété par l'extrait suivant: "What Do You Do When The Old Man's Gone ? / From The Upper Class".




1972 - Château d'Isaster Tapes



Ne cherchez pas d'album avec ce titre dans la discographie de Jethro Tull, il n'existe pas. 

En effet, en 1972, Jethro Tull se rend au mythique studio d'enregistrement du Château d'Hérouville (je consacre d'ailleurs un article complet au Château d'Hérouville sur cette page) et enregistre quelques titres, mais ces morceaux ne sortiront pas sur l'album suivant. Au lieu de cela, le groupe enregistrera l'album "A Passion Play" en reprenant, dans une version différente, deux titres enregistrés à Hérouville.

J'ai comparé, et personnellement je préfère les titres enregistrés à Hérouville.

Ces enregistrements apparaissent dans le premier CD de la compilation (en 2 CDs) parue en 1993 et intitulée: "Nightcap - The Unreleased Masters".

Ian Anderson explique le projet sur les notes de pochette de Nightcap en septembre 1993:

"Cette collection d'enregistrements inédits est maintenant disponible à la demande des nombreux fans inconditionnels de Tull qui ont appris, au fil des ans, l'existence du matériel. 

La plupart des sessions des albums studio passés ont produit une chanson supplémentaire ou tantôt ces morceaux n'ont pas réussi à figurer sur un disque parce qu'ils ressemblaient trop à l'un de leurs frères et sœurs : tantôt, comme l'oreille peut le détecter, parce qu'ils étaient trop différents !

Le tristement célèbre enregistrement de 1973 au château d'Hérouville (il semble que les sessions ont eu lieu en décembre 1972 et en janvier 1973), près de Paris, n'a jamais été achevé en raison de problèmes de santé, de problèmes techniques et de production, et de la décision soudaine du groupe de retourner au Royaume-Uni après un exil fiscal temporaire et mal avisé. 

Plutôt que de continuer avec les "Chateau Tapes", nous avons décidé de recommencer avec une œuvre quasiment nouvelle qui est rapidement devenue "A Passion Play", plus pessimiste et controversée.

Donc, ici, nous l'avons. Pas une tasse de thé pour tout le monde, mais un bonnet de nuit (nightcap) légèrement étourdi pour les vieux amis qui ont besoin de ce dernier verre avant de se coucher pour rêver de ce qui aurait pu être."

Voici tout d'abord le titre "Critique Oblique", qui est sorti dans une version plus courte sur l'album "A Passion Play".  Les paroles de cette chanson sont totalement surréalistes et hermétiques, la musique est très rock et un peu déconcertante.


La chanson "Law of the Bungle" est basé sur un jeu de mots (entre jungle et bungle, qui signifie gaffe). Il s'agit d'une sorte de fable qui dit que connaître un tigre signifie que vous devez lui faire confiance et lui offrir votre gorge, se contenter de la deuxième part du gâteau et retirer quotidiennement les preuves sanglantes. Ce n'est pas une sinécure!


Dans "Law of the Bungle Part II", le guitariste Martin Barre dit qu'il est "un hibou aux plumes lisses". Nous sommes encore dans un délire verbal et dans le monde des fables.


On notera qu'en 2014, le groupe a sorti l'album "The Chateau D’Herouville Sessions 1972", qui reprend sur une double album l'essentiel des enregistrements de l'époque.


1975 - Minstrel In The Gallery



Il s'agit du huitième album du groupe.

L'album se classe à la 20e place des charts britanniques et à la 7e place du Billboard 200 américain. En France, il atteint la 15e place des meilleures ventes d'album.

L'illustration de la pochette est un détournement d'une lithographie de Joseph Nash.

La chanson "Minstrel In The Gallery" décrit tous les gens ordinaires, avec leur faiblesse et leur ignorance, mais d'une manière aimante. Le ménestrel n'est qu'un observateur, essayant de les comprendre aussi bien que de les taquiner (comme quand on taquine quelqu'un pour le faire réfléchir, ou juste pour avoir une chance de vérifier sa réaction).

Le ménestrel n'a pas besoin de miroir pour se connaître, il regarde le public et se voit en lui. Il se rend compte comme il se doit que nous sommes tous égaux et pareils.

Le ménestrel dans la galerie est en fait Ian Anderson lui-même.

Voici une version live à Paris en 1975. Cela débute par un morceau folk avec Ian Anderson à la guitare acoustique avant que cela devienne un morceau rock très électrique.


"Baker Street Muse" est un morceau fleuve dans lequel Ian Anderson raconte tout ce qu'il voit en se promenant sur Baker Street (à cette époque Ian Anderson habite cette rue).




1977 - Songs From The Wood



Ce dixième album est le premier volet d'une trilogie folk rock qui comprend également les albums Heavy Horses (1978) et Stormwatch (1979). Il s'inspire principalement du folklore anglais, avec notamment une chanson faisant référence à Jack in the Green, un personnage des célébrations du 1er mai.

Il est enregistré en partie aux Morgan Studios de Londres et avec le studio mobile Maison Rouge à Fulham.

Le claviériste David Palmer, qui collaborait avec Jethro Tull depuis leur tout premier album, fait officiellement parti du groupe à partir de cet opus.

Cet album se classe à la 13e place des charts britanniques et à la 8e place du Billboard 200 aux États-Unis. Il sera certifié disque d'or au Canada et aux USA et disque d'argent au Royaume-Uni.

Dans le titre "Songs From The Wood", Ian Anderson se considère comme une sorte de ménestrel des temps modernes. Il fait l'éloge de la nature et nous chante des chants de la forêt afin de nous faire sentir mieux. Voici un live de 1977.




1978 - Heavy Horses



Cet onzième album est enregistré au studio Maison Rouge à Fulham en janvier 1978 et est le dernier où le bassiste John Glascock joue sur tous les titres. Par ailleurs, le violoniste de Curved Air, Darryl Way, y apparaît sur deux titres. 

Cet album se classe à la 20e place des charts britanniques et à la 19e place du Billboard 200 aux États-Unis.

Il s'agit encore d'un excellent album duquel j'ai extrait deux titres "Heavy Horses" et "Moths".

Dans "Heavy Horses", Ian Anderson se plaint que l'usage des chevaux dans l'agriculture est en déclin, et il souhaite leur retour.

Dans "Moths", il illustre la brièveté de la vie et comme les gens sont attirés par l'amour comme les papillons sont attirés par la flamme.

Voici les deux titres enchaînés dans un clip de l'époque.





1987 - Crest Of A Knave



Crest of a Knave est le seizième album studio de Jethro Tull sorti en 1987. Il remporte en 1989, de façon inattendue, le Grammy Award pour la "meilleure prestation hard rock".

L'album est leur plus grand succès depuis les années 1970 et le groupe connait une résurgence d'émissions radiophoniques, d'apparitions dans des émissions spéciales de MTV et de diffusion de vidéoclips.

La chanson "Steel Monkey" parle des constructeurs de gratte-ciel. Elle montre un tournant vers du rock FM dans un style plus proche de groupes comme Foreigner ou Dire Straits.

Voici "Steel Monkey".



Dans le titre "Budapest", Ian raconte l'aventure (réelle ou fantasmée ?) avec une jeune femme sportive à Budapest.




1995 - Roots To Branches


Roots to Branches est le dix-neuvième album studio de Jethro Tull sorti en 1995. 

Il porte les caractéristiques du rock progressif et du folk rock classique des années 1970 aux côtés du jazz et d'influences arabes et indiennes. Toutes les chansons sont écrites par Ian Anderson et enregistrées dans son studio personnel.

Le titre "Roots To Branches" apporte une vision de l'Inde entre pauvreté et religion.



Dans le titre "Valley", Ian Anderson raconte l'histoire de gens dans une vallée rouge qui ont une rivalité avec ceux qui habitent le bas de la vallée, il n'explicite pas où se trouve cette vallée. La musique a des accents orientaux.



Enfin, dans le morceau "Dangerous Veils", il est séduit par une beauté du désert, mais il se garde bien de regarder derrière ses "voiles dangereux".




1999 - J-Tull Dot Com


J-Tull Dot Com est le vingtième album studio du groupe Jethro Tull, sorti en 1999. Il sort quatre ans après leur album de 1995, Roots to Branches, et continue dans la même veine, alliant le hard rock aux influences orientales. 

C’est le premier album à présenter à la fois Andrew Giddings aux claviers et Jonathan Noyce à la basse, qui resteront avec le groupe jusqu’en 2007, donnant ainsi la plus longue formation ininterrompue de Jethro Tull. 

La chanson "Dot Com" parle d'une relation sur Internet: "I'll be yours, I'll be yours dot com".



2003 - The Jethro Tull Christmas Album



The Jethro Tull Christmas Album est le vingt-et-unième album studio du groupe.

Comme son titre l'indique, il tourne autour du thème de Noël et se compose de chants de Noël traditionnels comme "God Rest Ye Merry, Gentlemen", de nouvelles versions d'anciennes chansons de Jethro Tull comme "A Christmas Song" et de compositions inédites d'Ian Anderson.

Ian Anderson reprend et adapte le très beau morceau de Gabriel Fauré intitulé "Pavane".



Il donne aussi son adaptation personnelle de "God Rest Ye Merry, Gentlemen".



Dans "First Snow on Brooklyn", il se rend à Brooklyn pour y retrouver une femme avec laquelle il a eu des relations, mais arrivé sur place il se ravise. Il pense qu'elle a refait sa vie et qu'il n'a pas à intervenir. Il repart sans la contacter.





2012 - Thick As A Brick 2



Cet album n'a pas été publié en tant qu'album de Jethro Tull, mais plutôt en tant qu'album solo de Ian Anderson. Or, dans la mesure où il s'agit d'une suite de "Thick As A Brick", il me semblait cohérent de citer cet album, d'autant plus qu'il est très réussi.

Les extraits musicaux proviennent du live en Islande que Ian Anderson a réalisé et dans lequel il donne l'intégralité des deux albums.

La première chanson "Wootton Bassett Town" raconte l'histoire d'un soldat en Irak et parle du coût humain de la guerre.



Dans "Banker bets, banker wins", il critique les banquiers qui gagnent tout le temps quels que soient les procédés utilisés, et qui trouvent toujours à se dédouaner.




2022 - The Zealot Gene



The Zealot Gene est le vingt-deuxième album studio du groupe britannique de rock Jethro Tull. Il est sorti en 2022 sur le label InsideOut Music. Il sort 19 ans après l'album précédent du groupe (si on excepte les albums solo de Ian Anderson). 

C'est volontairement que Ian Anderson a voulu sortir un album sous le nom du groupe, il trouvait cela normal après avoir joué 15 ou 16 ans avec les mêmes musiciens.

L'album fait montre d'une belle vitalité et d'une fidélité à l'esprit qui a fait le succès du groupe tout en le renouvelant, ce n'est donc pas un simple copier/coller des albums précédents et cela fait plaisir.

Je termine cet article avec le morceau au titre éponyme. Cette chanson est sur le fanatisme et est vraiment d'actualité.

Un fanatique est une personne qui poursuit un objectif singulier de tout son être, souvent motivé par des convictions religieuses ou politiques très fortes. A notre époque, de plus en plus de fanatiques ont émergé, leurs opinions amplifiées par les médias sociaux, on le voit bien dans la radicalisation des idées et l'agressivité ambiante. 

Dans cette chanson, le leader de Jethro Tull, Ian Anderson, se penche sur ce phénomène:

"Cela résume, pour moi, la nature conflictuelle des relations sociétales et les opinions extrêmes qui alimentent les feux de la haine et des préjugés, plus aujourd'hui peut-être qu'à aucun moment de l'histoire".

"Peut-être que vous pensez savoir à qui je pense ici, mais, en réalité, il y a probablement en ce moment au moins cinq personnalités nationales éminentes et dictatoriales qui pourraient faire l'affaire."

La chanson fait spécifiquement mention de Twitter: 

Un tonnerre déchirant sur Twitter
Et un gémissement de banshee hurlant
Vous avez trop d'opinions
Et un matou par la queue

Anderson a expliqué :

"Je ne suis pas du tout un gars de Twitter, mais 'nous savons qui' est l'archi-Twitterer de ces dernières années, qui a été à la fois cause de son succès et finalement de sa chute. C'est ce genre de véhémence ou de fanatisme, qui vient avec un point de vue très polarisé, qui divise, et qui veut endoctriner les gens."

Voici le clip qui a été réalisé par l'auteur de vidéos et de dessins animés Sam Chegini.