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vendredi 10 mars 2023

Szymanowski (Karol)

 

Karol Szymanowski


Karol Szymanowski


Karol Szymanowski est un compositeur, pianiste et musicographe polonais né le 6 octobre 1882 à Tymochivka (alors en Russie, aujourd'hui en Ukraine) et mort le 29 mars 1937 à Lausanne (Suisse).

Dans sa famille il baigne dans une ambiance musicale. Dès son enfance il étudie le piano avec son père, puis avec son oncle, et s'essaie de bonne heure à la composition.

En 1905 il fonde, avec Fitelberg, Rozycki et Szeluto, le groupe "Jeune Pologne" qui reçoit le soutien actif des pianistes Arthur Rubinstein et Heinrich Neuhaus, et du violoniste Paul Kochanski.

Cherchant à s'enrichir de la découverte de contrées toujours plus dépaysantes, Szymanowski réalise de nombreux périples au cours des années 1908-1914. Il séjourne en Italie, en Afrique du Nord, en Sicile, en Egypte, mais également en France, où il est influencé par Debussy.

Il donne plusieurs concerts aux États-Unis, où Pierre Monteux dirige l'une de ses symphonies à Boston, et à Paris, où il rencontre les célébrités musicales de l’époque (Maurice Ravel, Alfred Cortot…).

Au cours de ses années d’enseignement, Szymanowski sacrifie un peu sa carrière de compositeur. 

Tuberculeux depuis son plus jeune âge, il meurt le 29 mars 1937 à Lausanne, à l'âge de 54 ans. Son corps repose au Panthéon des Grands Polonais, à l'église Saint-Michel-et-Saint-Stanislas de Skałka, à Cracovie.

Il nous laisse un peu plus de 60 œuvres dans la plupart des domaines musicaux.

Ce qu'il y a de très intéressant chez Karol Szymanowski, c'est qu'il existe chez lui trois périodes créatrices distinctes (les années précisées ci-dessous sont indicatives et ne sont pas à prendre pour des dates strictes):
  1. De 1900 à 1914, une période romantique où le compositeur est influencé en particulier par Chopin, mais également par Richard Wagner, Richard Strauss et Max Reger.
  2. De 1914 à 1922, une période marquée par un certain éclectisme, influencée par ses voyages en Méditerranée et en Orient. Elle est placée sous le sceau de l'impressionnisme, de l'orientalisme et de la mythologie. Le compositeur est fasciné par la musique de Debussy, Ravel, Stravinsky et certainement également par le symbolisme de Scriabine.
  3. De 1922 à 1934, le compositeur renoue avec ses propres racines et s'intéresse beaucoup à la musique populaire polonaise.
Szymanowski est la personnalité centrale du renouveau de l'école polonaise au début du XXe siècle. Assumant les influences postromantiques, symbolistes et impressionnistes, il a élaboré un langage harmonique et contrapuntique souvent complexe, raffiné et sensuel, qui a ouvert la voie à l'école polonaise contemporaine.

Ce que j'aime le plus chez Szymanowski ce sont les ambiances chatoyantes, aux harmonies mystérieuses, surtout de sa seconde période, et la magnifique utilisation qu'il fait des voix. Le meilleur exemple en est son chef-d'oeuvre, la Symphonie No. 3 "Chant de la Nuit", superbe et envoûtante.

Je vous propose une anthologie chronologique de ses plus belles oeuvres.

Voici les liens vers la playlist.

Spotify:
Qobuz:
Apple Music:
Deezer:

A noter également que je propose un large panorama de la musique classique polonaise depuis la renaissance jusqu'à la période contemporaine, mêlant des compositeurs très connus et d'autres moins connus qui méritent une découverte, dans une playlist chronologique. On retrouve dans cette sélection plusieurs œuvres de Karol Szymanowski.


Dans cet article, j'ai préparé une anthologie de sa musique en 10 œuvres emblématiques. Les œuvres sont classées par ordre chronologique de composition.


Première Période: 1900-1914


1907 - Symphonie No. 1 Op. 15





La Symphonie No. 1 en fa mineur op. 15 est une œuvre inachevée qui a été composée entre 1906 et 1907. Prévue pour avoir trois mouvements, elle ne comporte finalement que deux mouvements achevés: le premier Allegro Pathétique et le troisième Allegretto con moto grazioso, alors que le mouvement central n'a pas été instrumenté, et n'a jamais été joué. 

Du vivant de Szymanowski, la symphonie n'a été présentée qu'une seule fois le 26 mars 1909 à Varsovie, sous la direction de Grzegorz Fitelberg. La seconde exécution - toujours avec le même chef - n'a eu lieu qu'après la mort de Szymanowski, le 6 octobre 1938 à la Radio polonaise à Varsovie.

Szymanowski n'aimait pas cette Symphonie. Dans une lettre à A. Klechniowska, en date du 11 juillet 1906, il écrit : « elle s'est révélée être une sorte de monstre orchestral à la fois contrapuntique et harmonique ».

Je trouve Szymanowski un peu sévère envers lui-même car cette symphonie romantique a de beaux élans. De plus, son orchestration est intéressante et ménage par moments un mystère que l'on retrouvera magnifié dans des œuvres ultérieures.

J'ai sélectionné la version dirigée par Karol Stryja à la tête de l'Orchestre Philharmonique de l'Etat Polonais (Katowice). La symphonie dure environ 20 minutes.





Seconde Période: 1914-1922


1914 - Chants d'Amour de Hafiz Op. 26




Szymanowski écrit initialement 6 mélodies pour voix et piano sur des textes d'un poète perse du XIVe siècle, Hafiz de Shiraz. Il aime tellement la poésie de Hafiz, qu'il décide d'orchestrer 3 des 6 poèmes et d'en ajouter 5 nouveaux. L'œuvre devient donc les "Chants d'Amour de Hafiz" pour voix et orchestre.

Les "Chants d'Amour de Hafiz" marquent la transition de sa période néoromantique, dans la lignée de Wagner et Strauss, vers sa deuxième période marquée par l'influence de l'orient.

Les poèmes ont été traduits en allemand par Hans Bethge, qui avait également traduit les poèmes chinois du "Chant de la Terre" que Gustav Mahler a mis en musique.

Les principaux thèmes de ces poèmes sont l'amour, le vin, la beauté physique, l'ivresse et la mort.

Les textes sont parfois chantés en polonais. C'est le cas dans la version dirigée par Karol Stryja, et interprétée par le ténor Ryszard Minkiewicz.

Voici la version audio d'une première moitié de l'œuvre.



J'ai également sélectionné dans l'album choisi un air fameux de Szymanowski, l'air de Roxana extrait de son opéra le "Roi Roger". L'air est chanté par la soprano Barbara Zagórzanka.





1915 - Chants de la Princesse des contes de fées Op. 31




On retrouve sur cet album à peu près les mêmes œuvres que celles de l'album précédant. La principale différence est que toutes les œuvres sont ici interprétées par des voix féminines.

Ici on trouve, il me semble, la meilleure version des "Chants de la Princesse des contes de fées", interprétés par la soprano Isabella Klosinska, accompagnée par l'Orchestre de l'Opéra d'Etat Polonais dirigé par Robert Satanowski.

Szymanowski a mis en musique trois poèmes de sa sœur Zofia Szymanowska. On retrouve dans sa musique des thèmes anciens et orientaux, et une influence de l'impressionnisme musical.

Il s'agit d'une de mes œuvres préférées du compositeur. On remarquera au passage la superbe pochette illustrée par le tableau "Les Vierges" de Gustav Klimt.

La musique influencée par l'orient de Szymanowski se caractérise par une mélodie colorature qui reflète l'émotion de la voix, des séquences chromatiques (imitant les micro-intervalles), des basses mélodiques, harmoniques et rythmiques, différentes percussions et, finalement, ses qualités expressives d'extase, de ferveur et de passion, qui sont l'essence de l'art perse.

Voici ces 3 poèmes.


1. La Lune solitaire. Dans ce morceau on appréciera notamment les vocalises de la chanteuse.



2. Le Rossignol. Ici l'évocation de l'oiseau qui virevolte n'est pas sans faire penser à "L'oiseau de feu" de Stravinsky.




3. La Danse. Dans ce dernier morceau, on retrouve de magnifiques vocalises.





1915 - Métopes Op. 29




En 1914, le compositeur se réfugie dans son village natal en Ukraine et y reste jusqu'à la Révolution Russe. Il revient d'un long séjour en Europe, en Sicile et en Afrique du nord, où il puise son inspiration pour les œuvres de ces années. 

Son style s'approche alors de l'impressionnisme debussyste et inaugure une série de musique à programme avec ses Métopes Op.29 pour piano, ses Mythes Op.30 pour violon et piano, et ses Masques Op.34 pour piano, ces trois œuvres formant une sorte de trilogie méditerranéenne, où prédomine l'influence de légendes de la Grèce antique.

Les Métopes, voilà un titre bien étrange. La définition de métope est la suivante: une métope est un panneau architectural de forme rectangulaire, le plus souvent décoré de reliefs. Elle est située au-dessus de l'architrave, en alternance avec les triglyphes (dans l'ordre dorique). L'ensemble forme une frise.

Les Métopes du compositeur sont inspirées de celles du temple de Sélinonte, situé sur la côte sud de la Sicile, qui sont conservées au musée de Palerme, et relatent trois épisodes de l'Odyssée d'Homère.

Elles se composent de trois pièces dont l'exécution dure environ vingt minutes :
  1. L'île des sirènes
  2. Calypso
  3. Nausicaa
J'ai sélectionné la version interprétée par le pianiste polonais Piotr Anderszewski.

Voici le premier mouvement, "L'île des sirènes".





1915 - Mythes Op. 30




Composée en 1915 à Zarudzie (Ukraine) et dédiée à son épouse Sophie, cette œuvre est jouée le 21 novembre 1921 à Budapest avec Joseph Szigeti au violon et Béla Bartók au piano.

Il s'agit de la seconde œuvre de cette période méditerranéenne et impressionniste.

Le caractère de cette musique est nettement slave, notamment dans le premier morceau. La pièce est en trois parties.
  1. La Fontaine d'Aréthuse (Aréthuse est le nom d'une nymphe), un morceau plein de mélancolie où se lit aussi l'influence de Chopin, Scriabine et Ravel,
  2. Narcisse, est marqué par un bithématisme et un lyrisme plus net, 
  3. Dryades et Pan, le finale, oppose la danse des Dryades et le personnage de Pan, satyre perturbateur dont la flûte affole et disperse ces dernières.
La version de référence est celle d'Alina Ibragimova au violon et Cédric Tiberghien au piano. Cet album a d'ailleurs été récompensé par un diapason d'or.

Sous Youtube, j'ai choisi la version interprétée par Diana Tischchenko au violon et Joachim Carr au piano.





1915-1916 - Masques Op. 34




L'œuvre "Masques" constitue un des sommets des pièces pour piano de Szymanowski. La partition est influencée par des compositeurs comme Stravinsky, Scriabine ou Debussy.

Les atmosphères sont vives et les textures diaprées, on y sent encore l'apport de l'exotisme méditerranéen.

La pièce est en 3 parties et dure environ 23 minutes.

Quel pianiste plus talentueux que le polonais Krystian Zimerman, pour mettre en valeur cette œuvre magnifique et virtuose ?

La première partie s'intitule "Shéhérazade", et Szymanowski nous décrit l'héroïne avec toute sa sensualité.



La second partie, "Tantris le bouffon", est basée sur la pièce d'Ernst Hardt qui a subverti Tristan et Isolde. Il décrit un Tristan (appelé Tantris) se déguisant en bouffon afin de rencontrer Isolde. La musique a l'impact d'un "Pétrouchka" de Stravinsky.



La troisième et dernière partie, "Sérénade de Don Juan", se moque du séducteur qui tente désespérément d'accorder sa guitare.





1916 - Symphonie No. 3 Op. 27 "Le Chant de la Nuit"



La symphonie No. 3 "Le Chant de la Nuit" est sans conteste l'œuvre la plus célèbre de Szymanowski et son chef-d'œuvre absolu. Si vous découvrez ce compositeur, je vous recommande de commencer par l'écoute de cette œuvre fantastique.

Il s'agit d'une symphonie pour ténor et chœur. Elle met en musique des poèmes du XIIIe siècle du poète persan Jalâl ul Dîn Rûmi, traduits en polonais par Tadeusz Micinski.

Szymanowski métamorphose en musique cette poésie nocturne et érotique, par une orchestration chamarrée, luxuriante et mystérieuse, et une utilisation phénoménale du chœur.

La symphonie est en 3 mouvements:
  1. Moderato assai
  2. Vivace, scherzando
  3. Largo
Son exécution dure à peu près vingt-cinq minutes.

Le premier mouvement évoque la supplique de Roumi à sa bien-aimée, lui demandant de ne pas dormir toute la nuit. 

Il est suivi par un exotique scherzo, imprégné de danse, dans lequel le chœur sans paroles enrichit la texture avec des harmonies lumineuses. 

Le mouvement lent conclusif évoque l'union avec la bien-aimée, confondue avec la divinité. Il débute par un passage très dépouillé et passe par des culminations successives d'un extrême raffinement orchestral, mettant notamment en avant les solos pour violon, les bois et percussion.

Au disque, je recommande la version dirigée par Antal Dorati, avec The Kenneth Jewell Chorale et le Detroit Symphony Orchestra. Le ténor est Ryszard Karczykowski. On est littéralement envoûté par l'orchestre et le chœur.

A noter qu'il existe une version pour soprano et chœur qui n'est pas inintéressante, avec Stefania Woytowicz (soprano) dirigée par Tadeusz Strugala. (L'album qui contient cette version fait d'ailleurs partie de ma sélection, voir plus loin l'album sélectionné pour le Stabat Mater).

Sous Youtube on trouve une version qui, pour moi, se hisse au même niveau de qualité. Il s'agit de la version dirigée par Jacek Kaspszyk à la tête du Warsaw Philharmonic Orchestra & Choir et Rafal Bartminski, ténor.





1916 - Concerto pour violon No. 1 Op. 35



Le Concerto pour violon No. 1 op. 35 de Karol Szymanowski a été composé en 1916, alors que le compositeur résidait à Zarudzie, en Ukraine.

Paweł Kochański, violoniste et ami de Szymanowski, le conseilla sur la technique délicate du violon lors de la composition de ce concerto, d'une grande virtuosité, et il en écrivit plus tard la cadence. L'œuvre lui est dédiée.

Ce concerto est sans doute inspiré par un poème de Tadeusz Miciński intitulé "Noc Majowa". Il privilégie une atmosphère de rêve féerique, avec une musique somptueuse et extatique. 

D'une grande complexité, il exploite toute l'étendue de l'instrument, mettant en particulier en avant le lyrisme du registre le plus aigu, auquel répondent les bois aigus colorés par diverses percussions (célesta, glockenspiel), auxquelles s'ajoutent la harpe et le piano. 

On y entend des influences de Scriabine et Stravinsky, mais l'intensité hallucinatoire de la musique, de même que la forme en un seul mouvement sont particulières à Szymanowski.

Il est créé le 1er novembre 1922 à Varsovie, avec pour soliste Józef Ozimiński. C'est depuis une des œuvres les plus populaires du compositeur. Dans l'esprit, il est assez proche de la Symphonie No. 3.

Sa durée d'exécution est d'environ 25 minutes.

Au disque, j'ai choisi la version avec Konstanty Kulka au violon, le Polish Radio National Symphony Orchestra est dirigé par Jerzy Maksymiuk.

En outre, ce double album constitue une superbe introduction à la musique de Szymanowski car il offre un panorama complet. Il contient: les 2 concertos pour violon, la symphonie concertante No. 4, la symphonie No. 3, les Litanies à la vierge Marie et le Stabat Mater.

Sous Youtube, je vous propose la version interprétée par Isabelle Faust, le NHK Symphony Orchestra est dirigé par Masaru Kumakura.





Troisième Période: 1922-1934


1925-1926 - Stabat Mater Op. 53



Szymanowski composa ce Stabat Mater à la demande de Bronislaw Krystall, mélomane et bienfaiteur des arts, en mémoire de sa femme Izabela.

Le Stabat Mater est en 6 parties et s'appuie sur un texte en polonais qui est la traduction d'une séquence du 13ème siècle. L'œuvre a une durée d'environ 30 minutes.

Le choix de la langue était très important pour Szymanowski qui ne souhaitait pas écrire son œuvre sur un texte latin, langue sublime certes, mais totalement figée et qui avait perdu son contenu émotionnel. Au contraire, Szymanowski était convaincu que l'utilisation du polonais aurait une charge affective bien plus importante.

La création de l'œuvre, le 11 Janvier 1929, lui donna raison car ce fut un succès éclatant. Ce Stabat Mater eu un impact important sur le futur de la musique sacrée polonaise, son influence perdura et continue de se faire sentir dans des œuvres comme le Beatus Vir (1979) de Gorecki ou le Requiem polonais (1980/84) de Penderecki.

Au disque, j'ai choisi la version dirigée par Stanislaw Wislocki à la tête du Grand Orchestre Symphonique de la Radio et de la Télévision Polonaise de Katowice, avec Andrzej Hiolski (baryton) et Stefania Woytowicz (soprano), que l'on retrouve dans la Symphonie No. 3 offerte en couplage.

Je signale au passage une autre très bonne version: celle dirigée par Simon Rattle.

Sous Youtube, j'ai sélectionné la version dirigée par Markus Stenz à la tête du Radio Philharmonic Orchestra et du Netherlands Radio Choir, avec Chen Reiss (soprano), Gerhild Romberger (contralto) et Mark Stone (baryton).






1932 - Symphonie concertante No. 4 Op. 60 pour piano et orchestre





Terminons cette anthologie avec la Symphonie Concertante No. 4 qui est une des dernières œuvres achevées du compositeur. Elle est inspirée par la musique des Tatras, et on y sent également les influences de Bartok et Prokofiev.

Cette symphonie est en 3 mouvements et dure environ 27 minutes.
  1. Moderato - tempo commodo: le premier mouvement est en forme sonate, la musique est sereine et même joyeuse.
  2. Andante molto sostenuto: le mouvement démarre par une large mélodie pour flûte solo et violon solo. On assiste ensuite à un grand crescendo suivi d'un calme.
  3. Allegro non troppo, ma agitato ed ansioso: enchainé directement, le troisième mouvement contient un rythme d'oberek, une danse en rond, très vive, presque orgiaque. Ensuite une mazurka est confiée au piano.
Cette Symphonie a généralement un esprit très polonais. La forme lui donne un caractère néo-baroque qui fait penser à du Stravinsky.

Voici le troisième mouvement dans la version de Jan Krzysztof Broja (piano) accompagné par le Warsaw Philharmonic Orchestra dirigé par Antoni Wit.









mardi 13 décembre 2022

Weinberg (Mieczyslaw)

 

Mieczyslaw Weinberg


Mieczyslaw Weinberg


Mieczysław Weinberg, né le 8 décembre 1919 à Varsovie et mort le 26 février 1996 à Moscou, est un compositeur d'origine polonaise établi en URSS dès l'invasion de la Pologne en 1939. 

L'ampleur de sa production musicale fait de lui l'égal de Sergueï Prokofiev et de Dimitri Chostakovitch, sans toutefois recueillir comme eux la reconnaissance internationale.

Weinberg fait partie de ces compositeurs négligés, il ne figure même pas dans la plupart des dictionnaires de la musique. Il est temps de réparer cette injustice.

Si la phrase "Le pouvoir de création provient du malheur que l'on a vécu" peut s'appliquer à de nombreux artistes, elle pourrait être mise en exergue de la vie de Weinberg.

Fils de parents juifs aux racines moldaves, il débuta dans la musique au théâtre juif local, où son père travaillait comme musicien. Normalement destiné à une carrière de virtuose du piano, il fut contraint de fuir la Pologne en 1939, suite à l'invasion nazie.

Il se rendit à Minsk, en Biélorussie où il commença à prendre des cours de composition. Mais, l'attaque de l'URSS par la Wehrmacht, en 1941, l'obligea à nouveau à partir. Il se rendit alors à Tachkent, en Ouzbékistan, où il se fit embaucher à l'Opéra.

En 1943, Israël Finkelstein fait découvrir ses premières partitions à Dimitri Chostakovitch. Celui-ci apprécie l'œuvre de son jeune collègue et favorise l'installation de Weinberg et de sa femme Nathalie (fille de l'acteur juif Solomon Mikhoels), à Moscou. Débute alors une longue amitié entre les deux compositeurs, qui aura duré jusqu'à la mort de Chostakovitch en 1975.

En 1953, Chostakovitch fait signer une pétition pour venir en aide à Weinberg, qui a été incarcéré pour ses prétendues "activités sionistes", en réalité pour des motifs antisémites. La mort de Staline, le 5 mars 1953, marque une certaine rupture politique et Weinberg retrouve la liberté.

Les années 1960 voient la consécration de sa musique. Ses œuvres sont créées par les plus grands interprètes russes: David Oistrakh, Mstislav Rostropovitch, Leonid Kogan, Emil Gilels, les chefs d'orchestre Vladimir Fedosseïev, Kirill Kondrachine, Rudolf Barchaï et le Quatuor Borodine.

Les dernières années de Weinberg sont néanmoins assombries par les maladies, dont la maladie de Crohn et la dépression. Il ne connaîtra jamais les circonstances de la mort de ses parents probablement tués dans les camps nazis.

Il meurt le 26 février 1996 à Moscou, dans la plus grande précarité, quelques semaines après s'être converti au christianisme russe orthodoxe. Il est enterré au cimetière Domodedovo près de Moscou.

Weinberg a achevé une œuvre immense comptant plus de 500 compositions dont 154 reçoivent un numéro d'opus : sept opéras (dont Le Portrait), un Requiem profane, 22 symphonies (la dernière est restée inachevée), quatre symphonies de chambre, deux sinfoniettas, plusieurs concertos (violon, violoncelle, flûte, trompette, clarinette), 17 quatuors à cordes, sonates pour violon et piano, quatre sonates pour violoncelle et piano, etc.

Son style peut être rapproché de celui de Dimitri Chostakovitch ou de Béla Bartók, comprenant des éléments empruntés au folklore musical juif. On ne perçoit aucune acrimonie dans son oeuvre qu'il considérait pourtant comme une réponse artistique au harcèlement d'un régime hostile : l'optimisme résigné de Weinberg a toujours contrasté avec la révolte pessimiste de Chostakovitch.

Il réalise de nombreuses musiques de films et de dessins animés. La musique du film "Quand passent les cigognes" (réalisé par Mikhaïl Kalatozov) reçoit une reconnaissance internationale après que le film a gagné la Palme d'or à Cannes en 1958.

Au début de l'année 2015, l'Association internationale Mieczysław Weinberg est créée dans le but de promouvoir sa musique. 

D'autre part, le violoniste et chef d'orchestre letton Gidon Kremer s'est fait un ardent propagandiste de la musique de Weinberg. On peut d'ailleurs constater un net enrichissement de sa discographie ces dernières années, en particulier par le label britannique Chandos, qui avec des chefs d'orchestre comme Thord Svedlund ou Gabriel Chmura, sont en train de réaliser une intégrale de ses symphonies.

Je vous propose tout d'abord une playlist chronologique constituée de seize œuvres emblématiques du compositeur.

Voici les liens vers la playlist.

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Ensuite, je vous ai préparé une anthologie de 10 albums consacrés à Weinberg. 

Dans la mesure où mes choix se sont portés sur des albums contenant plusieurs œuvres, celles-ci ne suivent pas un classement particulier (ni chronologique, ni thématique).



Chamber Music for Woodwinds - Mathias Baier and others



Je commence ma sélection par cet album frais qui nous permet d'entendre quelques pièces de musique de chambre de Weinberg pour instruments à vent. La sonate pour clarinette et piano, 12 miniatures pour flûte et piano, la sonate pour basson et le trio pour flûte, alto et harpe.

Dédiée au bassoniste russe Valery Sergeyvich Popov (né en septembre 1937), la sonate pour basson seul Op. 133 nécessite une grande technique, la partition allant jusqu'au mi bémol majeur. Elle fut composée en 1981 et est en quatre mouvements sans indications.

Voici les mouvements 1 & 4 de la sonate interprétée par Mikhail Urman.




Voici le premier mouvement du trio pour flûte, alto et harpe Op. 127 par Henrik Wiese, Nimrod Guez et Uta Jungwirth. On remarquera les notes rapides de la harpe.





Quintette avec Piano Op. 18 - Gidon Kremer, Kremerata Baltica



Le quintette avec piano Op. 18 fut composé en 1944 et porte les marques de la guerre. Il fut créé dans la petite salle du Conservatoire de Moscou le 18 mars 1945 par Emil Gilels au piano et le quatuor du Théâtre Bolchoï.

Il est composé de cinq mouvements:
  1. Moderato con moto: le quintette commence de manière introspective et le second thème est une marche. Ce mouvement fournit toute la thématique du quintette entier.
  2. Allegretto: ce mouvement est un premier scherzo au thème folklorique.
  3. Presto: il s'agit d'un deuxième scherzo avec une musique grotesque de cabaret.
  4. Largo: c'est le mouvement le plus long, en forme d'arc majestueux.
  5. Allegro Agitato: au thème tapageur et motorique, suivi d'une danse traditionnelle effrénée. Le mouvement s'achève dans la sérénité.
Au disque, j'ai sélectionné la version de Gidon Kremer et du Kremerata Baltica, qui est couplée avec les 4 symphonies de chambre.

Voici une version live de ce quintette par de jeunes élèves de la Colluvio Chamber Academy: Anastasiya Sharina (25), piano, Ukraine, National Music Academy Kiev, Assia Weissmann (22), premier violon, Russie, Music Academy of Karlsruhe, Sofia Kolupov (22), second violon, Ukraine, Royal College of Music, London, Kinga Wojdalska (21), alto, Pologne, Royal College of Music, London, et Lucija Mušac (19), violoncelle, Croatie, Music School “Josip Hatze” of Split.





Concertos - Thord Svedlund



L'album suivant propose la fantaisie pour violoncelle Op. 52, les 2 concertos pour flûte et le concerto pour clarinette Op. 104. Cet album fait partie des nouveaux enregistrements du label Chandos consacrés à Weinberg et dirigés par le chef suédois Thord Svedlund.

Composé entre le 31 mai et le 30 juin 1970, le Concerto pour clarinette et orchestre à cordes, opus 104, est un joyau attendant d’être redécouvert. L’écriture pour la clarinette confirme les affinités de Weinberg avec cet instrument, déjà manifestes dans sa Sonate pour clarinette et piano, opus 28 (1945), et dont il fera de nouveau preuve, peu de temps avant sa mort, dans la Quatrième Symphonie de chambre, opus 153 (1992). 

Les trois mouvements de ce Concerto respectent l’ordre traditionnel: vif–lent–vif (Allegro, Andante et Allegretto), le langage est austère, mais révélateur et assuré.

Voici ce concerto interprété par Urban Claesson à la clarinette, le Gothenburg Symphony Orchestra est dirigé par Thord Svedlund.



Le premier Concerto pour flûte et orchestre à cordes, opus 75, émane d’une période un peu creuse dans la production symphonique de Weinberg; il offre un pendant artistique optimiste à la superbe Cinquième Symphonie de 1962. 

Ce Concerto est écrit à l’intention de son dédicataire, l’exceptionnel flûtiste russe Alexandre Korneïev, qui en assure la création le 25 novembre 1961 à la Grande Salle du Conservatoire de Moscou, avec l’Orchestre de chambre de Moscou dirigé par Rudolf Barchaï, et l’enregistre par la suite sous la baguette de ce dernier. 

Le concerto est en trois mouvements:
  1. Le premier mouvement, aux allures de scherzo, est impétueux. 
  2. Le mouvement lent, en totale opposition, se déroule comme une passacaille introspective aux coloris sombre, où Weinberg exploite habilement le registre grave de la flûte. 
  3. Le finale débute par une de ces valses de style klezmer si souvent et si facilement jaillies de son imagination, mais se fait plus sombre par moments.

Voici le concerto pour flûte No. 1 Op. 75 interprété par Gala Kossakowski.





Echoes of War: Piano Trios by Weinberg and Shostakovich - Trio Marvin



L'album suivant nous fournit un couplage entre le trio pour piano Op. 24 de Weinberg et le trio pour piano No. 2 de Chostakovitch.

Ecrit en 1945, le trio Op. 24 est en 3 mouvements:
  1. Prélude et Aria - Larghetto: Ce premier mouvement démarre d'une façon résolue. Puis, il nous immerge progressivement dans la noirceur d'une marche funèbre.
  2. Toccata - Allegro marcato: Cette toccata utilise 8 notes accentuées qui reviennent de manière incessante.
  3. Poème - Moderato: Dans ce mouvement le piano joue un rôle prodigieux et agressif. Les pizzicatos des cordes rappellent l'atmosphère cafardeuse du premier mouvement.
  4. Finale - Allegro moderato: Une fugue tient une grande importance dans ce finale. Weinberg utilise alors une danse macabre, une valse grotesque qui amène à une libération. Le mouvement se termine dans le recueillement.
Le trio dure environ 30 minutes. Voici une version live du Trio Marvin avec Vita Kan (piano), Marina Grauman (violon) et Marius Urba (violoncelle).





Concertos for trumpet and piano - Selina Ott & Maria Radutu



L'album suivant offre un couplage de trois concertos passionnants pour trompette (deux d'entre eux pour trompette et piano) de Chostakovitch, Weinberg et Jolivet.

Le concerto pour trompette Op. 94 de Weinberg fut composé en 1967. Il est en 3 mouvements:
  1. Etudes: dans ce mouvement la trompette est virtuose avec ses airs de cirque et de fête foraine.
  2. Épisodes: le son puissant des cordes alterne avec de délicates cantilènes à la flûte et à la trompette. Un certain pathos s'installe et le mouvement se termine avec les percussions en triple piano.
  3. Fanfares: Dans ce troisième mouvement, Weinberg cite des œuvres de Mendelssohn, Rimsky-Korsakov et Bizet. Un andante calme nous amène à une cadence virtuose. Le mouvement se termine pianissimo.

Voici les trois mouvements de ce concerto interprété par Selina Ott.

I. Etudes.



II. Episodes.




III. Fanfares.





Symphonies Nos. 2 & 21 - Mirga Grazinyte-Tila



Cet album regroupe deux symphonies du compositeur. La Symphonie No. 2 qui est une symphonie pour orchestre à cordes et qui fut composée en 1946, et la Symphonie No. 21 dite "Kaddish" qui fut composée entre 1989 et 1991.

Cet album remarquable, dans lequel les œuvres sont dirigées par Mirga Grazinyte-Tila a été récompensé par un Choc de Classica et un Diapason d'Or.

Voici le premier mouvement de la Symphonie No. 2, dans une ambiance grave et mouvementée qui n'est pas sans rappeler Bela Bartok.




La Symphonie No. 21, Op. 152, sous-titrée "Kaddish", a été composée entre 1989 et 1991. C'est la dernière symphonie (avec un orchestre complet) que Weinberg termina avant sa mort en 1996 (la symphonie No. 22 resta elle inachevée).

L'œuvre est dédiée "aux victimes du Ghetto de Varsovie". Weinberg fit la donation du manuscrit au Mémorial de Yad Vashem en Israël.

La symphonie est en un seul mouvement et six sections :
  1. Largo : cette section cite plusieurs fois des éléments de la ballade no 1 en sol mineur de Frédéric Chopin et s'inspire également du lied Das irdische Leben (La vie terrestre) du "Des Knaben Wunderhorn" de Mahler ;
  2. Allegro molto ;
  3. Largo ;
  4. Presto ;
  5. Andantino ;
  6. Lento : cette section contient un chant sans parole pour soprano de type requiem.
Il s'agit d'un des chefs-d’œuvres de Weinberg, une oeuvre prenante qui est un témoignage très fort sur l'histoire.

Voici la version de Mirga Grazinyte-Tila dans son intégralité. C'est Mirga Grazinyte-Tila qui chante la partie de soprano de la sixième section.





Symphonies Nos. 3 & 7, Concerto pour flûte No. 1 - Mirga Grazinyte-Tila



L'album choisi nous permet d'entendre les Symphonies Nos 3 & 7 (et le concerto pour flûte No. 1 déjà sélectionné).

On notera au passage la superbe pochette qui est illustrée par une toile du peintre (et compositeur) Mikalojus Konstantinas Ciurlionis intitulée Amzinybe (Eternité).

Weinberg fut frappé, à partir de 1948, par la campagne “d’antiformalisme” menée par Andreï Jdanov, qui exhortait tous les compositeurs soviétiques à produire de la musique pour le Peuple, c’est-à-dire dans une langue facile à comprendre, s’inspirant de préférence de matériaux et de langages traditionnels. 

Les symphonies intégrant du matériau traditionnel jouissaient depuis longtemps d’une place d’honneur dans la tradition russo-soviétique, et l’apparition de ce matériau dans de telles œuvres ne peut en aucun cas être attribuée à une pression extérieure. Il fallait désormais accentuer ce qui était positif et cette tendance survint chez Weinberg à un moment assez opportun de sa carrière. 

Il avait acquis une expérience considérable dans le domaine de la musique de chambre, mais n’avait encore que deux symphonies parues sous son nom: la première était une pièce de diplôme un peu trop ambitieuse, la seconde une symphonie de chambre qui n’en portait pas le titre. 

Permettre à des éléments traditionnels de servir de catalyseur allait s’avérer au moins une expérience fructueuse d’apprentissage et, dans sa nouvelle symphonie, qu’il commença à composer en mars 1949 et termina au mois de juin de l’année suivante, Weinberg se conforma aux directives en plaçant un chant traditionnel biélorusse (“Quelle lune”) en guise de thème contrasté dans son premier mouvement et un chant polonais dans le style d’une mazurka (“Matek est mort”) au moment homologue du deuxième mouvement; ce dernier se transforme finalement pour devenir le thème principal du finale. 

Weinberg revint sur cette partition dix ans plus tard, coupa du matériau superflu et recomposa certains épisodes, surtout dans les mouvements externes. La version révisée fut créée le 23 mars 1960 dans la Grande Salle du Conservatoire, par l’Orchestre symphonique de la Radio et de la Télévision de toute l’Union sous la direction d’Alexander Gauk.

Cette symphonie est en 4 mouvements et dure un peu plus de 30 minutes. Personnellement, c'est mon oeuvre préférée de Weinberg.

1er mouvement: Allegro.



2ème mouvement: Allegro giocoso.



3ème mouvement: Adagio.



4ème mouvement: Allegro vivace.





Symphonie No. 10 & Chamber Music - Gidon Kremer



L'album sélectionné contient les œuvres suivantes: la Sonate No. 3 Op. 126 pour violon seul, le trio pour cordes Op. 48, la Sonatina Op. 46, le Concertino Op. 42 et la Symphonie No. 10 pour orchestre à cordes.

Cet album, interprété par Gidon Kremer et le Kremerata Baltica, a été récompensé par un Choc de Classica et un Diapason d'Or.

La Symphonie No. 10 a été commissionnée et est dédiée à Rudolf Barshai. Composée en 1968, il s'agit d'une des œuvres les plus expérimentales du compositeur. Elle est en 5 mouvements et dure environ 1 heure.

Voici la version interprétée par Rudolf Barshai et l'Orchestre de Chambre de Moscou.




Symphonie No. 20 & Concerto pour Violoncelle - Thord Svedlund



La Symphonie No. 20 de Weinberg a été achevée en juillet 1988. Elle est dédiée à Vladimir Fedoseyev et à l'Orchestre symphonique de la radio de Moscou, qui étaient devenus les plus grands partisans de la production orchestrale de Weinberg après le départ de Kirill Kondrashin pour l'Occident en 1978. 

Les cinq mouvements sont arrangés de manière quasi-symétrique, les mouvements externes, lents, encadrant des scherzos qui renferment à leur tour un mouvement central avec le caractère d'un intermezzo. 

Comme indication de son infirmité croissante (Weinberg souffrait de la maladie de Crohn), il y a une inscription mahlérienne en polonais sur les pages préliminaires du manuscrit : "Avec l'aide de Dieu, j'arriverai peut-être encore à écrire celle-ci. Mais je ne le crois pas". 

Ce n'est là qu'un aspect énigmatique d'une œuvre difficile dont le caractère est exceptionnellement difficile à comprendre. Personnellement je lui trouve un beau caractère sombre.

Voici la Symphonie No. 20 par l'Orchestre symphonique de Göteborg dirigé par Thord Svedlund. Les 5 mouvements apparaissent aux différents minutages indiqués ci-dessous:
  • I - Adagio :0:00
  • II - Allegretto :12:49
  • III - Con moto :17:40
  • IV - Allegro molto :22:57
  • V - Lento :27:33




Le concerto pour violoncelle Op. 43, fut écrit vers la fin de 1948 (la date précise de composition est inconnue dans la mesure où l’on ignore où se trouve le manuscrit à l’heure actuelle).

Il dut attendre neuf ans sa création, par Mstislav Rostropovitch et l’Orchestre symphonique de la Philharmonie de Moscou dirigé par Samuel Samossoud, le 9 janvier 1957.

Le concerto est en 4 mouvements et dure environ 30 minutes.

J'ai sélectionné la magnifique version de Sol Gabetta accompagnée par l'Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Mikko Franck.

Les 4 mouvements apparaissent aux différents minutages indiqués ci-dessous:
  1. Adagio 0:00
  2. Modéré 7:21
  3. Allegro 12:39, avec Cadence 19:15
  4. Allegro 22:05



Concerto pour Violon & Sonate pour 2 Violons - Gidon Kremer



Voici le dixième et dernier album sélectionné. Celui-ci comporte le concerto pour violon Op. 67 et la sonate pour 2 violons Op. 69, avec encore comme principal interprète Gidon Kremer.

Dans son entourage artistique, Weinberg comptait le violoniste ukrainien Leonid Kogan. Weinberg lui dédia son unique concerto pour violon composé entre le 20 juillet et le 28 août 1959.

Chostakovitch, enthousiaste, écrivit: "Le concerto pour violon de Moïsseï Weinberg, magistralement interprété par le violoniste communiste Leonid Kogan, m’a fait forte impression. C’est une oeuvre extraordinaire et je pèse mes mots." 

Le concerto est en 4 mouvements pour une durée d'environ 30 minutes.
  1. Allegro molto
  2. Allegretto
  3. Adagio
  4. Allegro risoluto
Voici une version interprétée par David Radzynski, l'Orchestre Philharmonique d'Israël est dirigé par Manfred Honeck.