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mardi 13 décembre 2022

Weinberg (Mieczyslaw)

 

Mieczyslaw Weinberg


Mieczyslaw Weinberg


Mieczysław Weinberg, né le 8 décembre 1919 à Varsovie et mort le 26 février 1996 à Moscou, est un compositeur d'origine polonaise établi en URSS dès l'invasion de la Pologne en 1939. 

L'ampleur de sa production musicale fait de lui l'égal de Sergueï Prokofiev et de Dimitri Chostakovitch, sans toutefois recueillir comme eux la reconnaissance internationale.

Weinberg fait partie de ces compositeurs négligés, il ne figure même pas dans la plupart des dictionnaires de la musique. Il est temps de réparer cette injustice.

Si la phrase "Le pouvoir de création provient du malheur que l'on a vécu" peut s'appliquer à de nombreux artistes, elle pourrait être mise en exergue de la vie de Weinberg.

Fils de parents juifs aux racines moldaves, il débuta dans la musique au théâtre juif local, où son père travaillait comme musicien. Normalement destiné à une carrière de virtuose du piano, il fut contraint de fuir la Pologne en 1939, suite à l'invasion nazie.

Il se rendit à Minsk, en Biélorussie où il commença à prendre des cours de composition. Mais, l'attaque de l'URSS par la Wehrmacht, en 1941, l'obligea à nouveau à partir. Il se rendit alors à Tachkent, en Ouzbékistan, où il se fit embaucher à l'Opéra.

En 1943, Israël Finkelstein fait découvrir ses premières partitions à Dimitri Chostakovitch. Celui-ci apprécie l'œuvre de son jeune collègue et favorise l'installation de Weinberg et de sa femme Nathalie (fille de l'acteur juif Solomon Mikhoels), à Moscou. Débute alors une longue amitié entre les deux compositeurs, qui aura duré jusqu'à la mort de Chostakovitch en 1975.

En 1953, Chostakovitch fait signer une pétition pour venir en aide à Weinberg, qui a été incarcéré pour ses prétendues "activités sionistes", en réalité pour des motifs antisémites. La mort de Staline, le 5 mars 1953, marque une certaine rupture politique et Weinberg retrouve la liberté.

Les années 1960 voient la consécration de sa musique. Ses œuvres sont créées par les plus grands interprètes russes: David Oistrakh, Mstislav Rostropovitch, Leonid Kogan, Emil Gilels, les chefs d'orchestre Vladimir Fedosseïev, Kirill Kondrachine, Rudolf Barchaï et le Quatuor Borodine.

Les dernières années de Weinberg sont néanmoins assombries par les maladies, dont la maladie de Crohn et la dépression. Il ne connaîtra jamais les circonstances de la mort de ses parents probablement tués dans les camps nazis.

Il meurt le 26 février 1996 à Moscou, dans la plus grande précarité, quelques semaines après s'être converti au christianisme russe orthodoxe. Il est enterré au cimetière Domodedovo près de Moscou.

Weinberg a achevé une œuvre immense comptant plus de 500 compositions dont 154 reçoivent un numéro d'opus : sept opéras (dont Le Portrait), un Requiem profane, 22 symphonies (la dernière est restée inachevée), quatre symphonies de chambre, deux sinfoniettas, plusieurs concertos (violon, violoncelle, flûte, trompette, clarinette), 17 quatuors à cordes, sonates pour violon et piano, quatre sonates pour violoncelle et piano, etc.

Son style peut être rapproché de celui de Dimitri Chostakovitch ou de Béla Bartók, comprenant des éléments empruntés au folklore musical juif. On ne perçoit aucune acrimonie dans son oeuvre qu'il considérait pourtant comme une réponse artistique au harcèlement d'un régime hostile : l'optimisme résigné de Weinberg a toujours contrasté avec la révolte pessimiste de Chostakovitch.

Il réalise de nombreuses musiques de films et de dessins animés. La musique du film "Quand passent les cigognes" (réalisé par Mikhaïl Kalatozov) reçoit une reconnaissance internationale après que le film a gagné la Palme d'or à Cannes en 1958.

Au début de l'année 2015, l'Association internationale Mieczysław Weinberg est créée dans le but de promouvoir sa musique. 

D'autre part, le violoniste et chef d'orchestre letton Gidon Kremer s'est fait un ardent propagandiste de la musique de Weinberg. On peut d'ailleurs constater un net enrichissement de sa discographie ces dernières années, en particulier par le label britannique Chandos, qui avec des chefs d'orchestre comme Thord Svedlund ou Gabriel Chmura, sont en train de réaliser une intégrale de ses symphonies.

Je vous propose tout d'abord une playlist chronologique constituée de seize œuvres emblématiques du compositeur.

Voici les liens vers la playlist.

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Ensuite, je vous ai préparé une anthologie de 10 albums consacrés à Weinberg. 

Dans la mesure où mes choix se sont portés sur des albums contenant plusieurs œuvres, celles-ci ne suivent pas un classement particulier (ni chronologique, ni thématique).



Chamber Music for Woodwinds - Mathias Baier and others



Je commence ma sélection par cet album frais qui nous permet d'entendre quelques pièces de musique de chambre de Weinberg pour instruments à vent. La sonate pour clarinette et piano, 12 miniatures pour flûte et piano, la sonate pour basson et le trio pour flûte, alto et harpe.

Dédiée au bassoniste russe Valery Sergeyvich Popov (né en septembre 1937), la sonate pour basson seul Op. 133 nécessite une grande technique, la partition allant jusqu'au mi bémol majeur. Elle fut composée en 1981 et est en quatre mouvements sans indications.

Voici les mouvements 1 & 4 de la sonate interprétée par Mikhail Urman.




Voici le premier mouvement du trio pour flûte, alto et harpe Op. 127 par Henrik Wiese, Nimrod Guez et Uta Jungwirth. On remarquera les notes rapides de la harpe.





Quintette avec Piano Op. 18 - Gidon Kremer, Kremerata Baltica



Le quintette avec piano Op. 18 fut composé en 1944 et porte les marques de la guerre. Il fut créé dans la petite salle du Conservatoire de Moscou le 18 mars 1945 par Emil Gilels au piano et le quatuor du Théâtre Bolchoï.

Il est composé de cinq mouvements:
  1. Moderato con moto: le quintette commence de manière introspective et le second thème est une marche. Ce mouvement fournit toute la thématique du quintette entier.
  2. Allegretto: ce mouvement est un premier scherzo au thème folklorique.
  3. Presto: il s'agit d'un deuxième scherzo avec une musique grotesque de cabaret.
  4. Largo: c'est le mouvement le plus long, en forme d'arc majestueux.
  5. Allegro Agitato: au thème tapageur et motorique, suivi d'une danse traditionnelle effrénée. Le mouvement s'achève dans la sérénité.
Au disque, j'ai sélectionné la version de Gidon Kremer et du Kremerata Baltica, qui est couplée avec les 4 symphonies de chambre.

Voici une version live de ce quintette par de jeunes élèves de la Colluvio Chamber Academy: Anastasiya Sharina (25), piano, Ukraine, National Music Academy Kiev, Assia Weissmann (22), premier violon, Russie, Music Academy of Karlsruhe, Sofia Kolupov (22), second violon, Ukraine, Royal College of Music, London, Kinga Wojdalska (21), alto, Pologne, Royal College of Music, London, et Lucija Mušac (19), violoncelle, Croatie, Music School “Josip Hatze” of Split.





Concertos - Thord Svedlund



L'album suivant propose la fantaisie pour violoncelle Op. 52, les 2 concertos pour flûte et le concerto pour clarinette Op. 104. Cet album fait partie des nouveaux enregistrements du label Chandos consacrés à Weinberg et dirigés par le chef suédois Thord Svedlund.

Composé entre le 31 mai et le 30 juin 1970, le Concerto pour clarinette et orchestre à cordes, opus 104, est un joyau attendant d’être redécouvert. L’écriture pour la clarinette confirme les affinités de Weinberg avec cet instrument, déjà manifestes dans sa Sonate pour clarinette et piano, opus 28 (1945), et dont il fera de nouveau preuve, peu de temps avant sa mort, dans la Quatrième Symphonie de chambre, opus 153 (1992). 

Les trois mouvements de ce Concerto respectent l’ordre traditionnel: vif–lent–vif (Allegro, Andante et Allegretto), le langage est austère, mais révélateur et assuré.

Voici ce concerto interprété par Urban Claesson à la clarinette, le Gothenburg Symphony Orchestra est dirigé par Thord Svedlund.



Le premier Concerto pour flûte et orchestre à cordes, opus 75, émane d’une période un peu creuse dans la production symphonique de Weinberg; il offre un pendant artistique optimiste à la superbe Cinquième Symphonie de 1962. 

Ce Concerto est écrit à l’intention de son dédicataire, l’exceptionnel flûtiste russe Alexandre Korneïev, qui en assure la création le 25 novembre 1961 à la Grande Salle du Conservatoire de Moscou, avec l’Orchestre de chambre de Moscou dirigé par Rudolf Barchaï, et l’enregistre par la suite sous la baguette de ce dernier. 

Le concerto est en trois mouvements:
  1. Le premier mouvement, aux allures de scherzo, est impétueux. 
  2. Le mouvement lent, en totale opposition, se déroule comme une passacaille introspective aux coloris sombre, où Weinberg exploite habilement le registre grave de la flûte. 
  3. Le finale débute par une de ces valses de style klezmer si souvent et si facilement jaillies de son imagination, mais se fait plus sombre par moments.

Voici le concerto pour flûte No. 1 Op. 75 interprété par Gala Kossakowski.





Echoes of War: Piano Trios by Weinberg and Shostakovich - Trio Marvin



L'album suivant nous fournit un couplage entre le trio pour piano Op. 24 de Weinberg et le trio pour piano No. 2 de Chostakovitch.

Ecrit en 1945, le trio Op. 24 est en 3 mouvements:
  1. Prélude et Aria - Larghetto: Ce premier mouvement démarre d'une façon résolue. Puis, il nous immerge progressivement dans la noirceur d'une marche funèbre.
  2. Toccata - Allegro marcato: Cette toccata utilise 8 notes accentuées qui reviennent de manière incessante.
  3. Poème - Moderato: Dans ce mouvement le piano joue un rôle prodigieux et agressif. Les pizzicatos des cordes rappellent l'atmosphère cafardeuse du premier mouvement.
  4. Finale - Allegro moderato: Une fugue tient une grande importance dans ce finale. Weinberg utilise alors une danse macabre, une valse grotesque qui amène à une libération. Le mouvement se termine dans le recueillement.
Le trio dure environ 30 minutes. Voici une version live du Trio Marvin avec Vita Kan (piano), Marina Grauman (violon) et Marius Urba (violoncelle).





Concertos for trumpet and piano - Selina Ott & Maria Radutu



L'album suivant offre un couplage de trois concertos passionnants pour trompette (deux d'entre eux pour trompette et piano) de Chostakovitch, Weinberg et Jolivet.

Le concerto pour trompette Op. 94 de Weinberg fut composé en 1967. Il est en 3 mouvements:
  1. Etudes: dans ce mouvement la trompette est virtuose avec ses airs de cirque et de fête foraine.
  2. Épisodes: le son puissant des cordes alterne avec de délicates cantilènes à la flûte et à la trompette. Un certain pathos s'installe et le mouvement se termine avec les percussions en triple piano.
  3. Fanfares: Dans ce troisième mouvement, Weinberg cite des œuvres de Mendelssohn, Rimsky-Korsakov et Bizet. Un andante calme nous amène à une cadence virtuose. Le mouvement se termine pianissimo.

Voici les trois mouvements de ce concerto interprété par Selina Ott.

I. Etudes.



II. Episodes.




III. Fanfares.





Symphonies Nos. 2 & 21 - Mirga Grazinyte-Tila



Cet album regroupe deux symphonies du compositeur. La Symphonie No. 2 qui est une symphonie pour orchestre à cordes et qui fut composée en 1946, et la Symphonie No. 21 dite "Kaddish" qui fut composée entre 1989 et 1991.

Cet album remarquable, dans lequel les œuvres sont dirigées par Mirga Grazinyte-Tila a été récompensé par un Choc de Classica et un Diapason d'Or.

Voici le premier mouvement de la Symphonie No. 2, dans une ambiance grave et mouvementée qui n'est pas sans rappeler Bela Bartok.




La Symphonie No. 21, Op. 152, sous-titrée "Kaddish", a été composée entre 1989 et 1991. C'est la dernière symphonie (avec un orchestre complet) que Weinberg termina avant sa mort en 1996 (la symphonie No. 22 resta elle inachevée).

L'œuvre est dédiée "aux victimes du Ghetto de Varsovie". Weinberg fit la donation du manuscrit au Mémorial de Yad Vashem en Israël.

La symphonie est en un seul mouvement et six sections :
  1. Largo : cette section cite plusieurs fois des éléments de la ballade no 1 en sol mineur de Frédéric Chopin et s'inspire également du lied Das irdische Leben (La vie terrestre) du "Des Knaben Wunderhorn" de Mahler ;
  2. Allegro molto ;
  3. Largo ;
  4. Presto ;
  5. Andantino ;
  6. Lento : cette section contient un chant sans parole pour soprano de type requiem.
Il s'agit d'un des chefs-d’œuvres de Weinberg, une oeuvre prenante qui est un témoignage très fort sur l'histoire.

Voici la version de Mirga Grazinyte-Tila dans son intégralité. C'est Mirga Grazinyte-Tila qui chante la partie de soprano de la sixième section.





Symphonies Nos. 3 & 7, Concerto pour flûte No. 1 - Mirga Grazinyte-Tila



L'album choisi nous permet d'entendre les Symphonies Nos 3 & 7 (et le concerto pour flûte No. 1 déjà sélectionné).

On notera au passage la superbe pochette qui est illustrée par une toile du peintre (et compositeur) Mikalojus Konstantinas Ciurlionis intitulée Amzinybe (Eternité).

Weinberg fut frappé, à partir de 1948, par la campagne “d’antiformalisme” menée par Andreï Jdanov, qui exhortait tous les compositeurs soviétiques à produire de la musique pour le Peuple, c’est-à-dire dans une langue facile à comprendre, s’inspirant de préférence de matériaux et de langages traditionnels. 

Les symphonies intégrant du matériau traditionnel jouissaient depuis longtemps d’une place d’honneur dans la tradition russo-soviétique, et l’apparition de ce matériau dans de telles œuvres ne peut en aucun cas être attribuée à une pression extérieure. Il fallait désormais accentuer ce qui était positif et cette tendance survint chez Weinberg à un moment assez opportun de sa carrière. 

Il avait acquis une expérience considérable dans le domaine de la musique de chambre, mais n’avait encore que deux symphonies parues sous son nom: la première était une pièce de diplôme un peu trop ambitieuse, la seconde une symphonie de chambre qui n’en portait pas le titre. 

Permettre à des éléments traditionnels de servir de catalyseur allait s’avérer au moins une expérience fructueuse d’apprentissage et, dans sa nouvelle symphonie, qu’il commença à composer en mars 1949 et termina au mois de juin de l’année suivante, Weinberg se conforma aux directives en plaçant un chant traditionnel biélorusse (“Quelle lune”) en guise de thème contrasté dans son premier mouvement et un chant polonais dans le style d’une mazurka (“Matek est mort”) au moment homologue du deuxième mouvement; ce dernier se transforme finalement pour devenir le thème principal du finale. 

Weinberg revint sur cette partition dix ans plus tard, coupa du matériau superflu et recomposa certains épisodes, surtout dans les mouvements externes. La version révisée fut créée le 23 mars 1960 dans la Grande Salle du Conservatoire, par l’Orchestre symphonique de la Radio et de la Télévision de toute l’Union sous la direction d’Alexander Gauk.

Cette symphonie est en 4 mouvements et dure un peu plus de 30 minutes. Personnellement, c'est mon oeuvre préférée de Weinberg.

1er mouvement: Allegro.



2ème mouvement: Allegro giocoso.



3ème mouvement: Adagio.



4ème mouvement: Allegro vivace.





Symphonie No. 10 & Chamber Music - Gidon Kremer



L'album sélectionné contient les œuvres suivantes: la Sonate No. 3 Op. 126 pour violon seul, le trio pour cordes Op. 48, la Sonatina Op. 46, le Concertino Op. 42 et la Symphonie No. 10 pour orchestre à cordes.

Cet album, interprété par Gidon Kremer et le Kremerata Baltica, a été récompensé par un Choc de Classica et un Diapason d'Or.

La Symphonie No. 10 a été commissionnée et est dédiée à Rudolf Barshai. Composée en 1968, il s'agit d'une des œuvres les plus expérimentales du compositeur. Elle est en 5 mouvements et dure environ 1 heure.

Voici la version interprétée par Rudolf Barshai et l'Orchestre de Chambre de Moscou.




Symphonie No. 20 & Concerto pour Violoncelle - Thord Svedlund



La Symphonie No. 20 de Weinberg a été achevée en juillet 1988. Elle est dédiée à Vladimir Fedoseyev et à l'Orchestre symphonique de la radio de Moscou, qui étaient devenus les plus grands partisans de la production orchestrale de Weinberg après le départ de Kirill Kondrashin pour l'Occident en 1978. 

Les cinq mouvements sont arrangés de manière quasi-symétrique, les mouvements externes, lents, encadrant des scherzos qui renferment à leur tour un mouvement central avec le caractère d'un intermezzo. 

Comme indication de son infirmité croissante (Weinberg souffrait de la maladie de Crohn), il y a une inscription mahlérienne en polonais sur les pages préliminaires du manuscrit : "Avec l'aide de Dieu, j'arriverai peut-être encore à écrire celle-ci. Mais je ne le crois pas". 

Ce n'est là qu'un aspect énigmatique d'une œuvre difficile dont le caractère est exceptionnellement difficile à comprendre. Personnellement je lui trouve un beau caractère sombre.

Voici la Symphonie No. 20 par l'Orchestre symphonique de Göteborg dirigé par Thord Svedlund. Les 5 mouvements apparaissent aux différents minutages indiqués ci-dessous:
  • I - Adagio :0:00
  • II - Allegretto :12:49
  • III - Con moto :17:40
  • IV - Allegro molto :22:57
  • V - Lento :27:33




Le concerto pour violoncelle Op. 43, fut écrit vers la fin de 1948 (la date précise de composition est inconnue dans la mesure où l’on ignore où se trouve le manuscrit à l’heure actuelle).

Il dut attendre neuf ans sa création, par Mstislav Rostropovitch et l’Orchestre symphonique de la Philharmonie de Moscou dirigé par Samuel Samossoud, le 9 janvier 1957.

Le concerto est en 4 mouvements et dure environ 30 minutes.

J'ai sélectionné la magnifique version de Sol Gabetta accompagnée par l'Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Mikko Franck.

Les 4 mouvements apparaissent aux différents minutages indiqués ci-dessous:
  1. Adagio 0:00
  2. Modéré 7:21
  3. Allegro 12:39, avec Cadence 19:15
  4. Allegro 22:05



Concerto pour Violon & Sonate pour 2 Violons - Gidon Kremer



Voici le dixième et dernier album sélectionné. Celui-ci comporte le concerto pour violon Op. 67 et la sonate pour 2 violons Op. 69, avec encore comme principal interprète Gidon Kremer.

Dans son entourage artistique, Weinberg comptait le violoniste ukrainien Leonid Kogan. Weinberg lui dédia son unique concerto pour violon composé entre le 20 juillet et le 28 août 1959.

Chostakovitch, enthousiaste, écrivit: "Le concerto pour violon de Moïsseï Weinberg, magistralement interprété par le violoniste communiste Leonid Kogan, m’a fait forte impression. C’est une oeuvre extraordinaire et je pèse mes mots." 

Le concerto est en 4 mouvements pour une durée d'environ 30 minutes.
  1. Allegro molto
  2. Allegretto
  3. Adagio
  4. Allegro risoluto
Voici une version interprétée par David Radzynski, l'Orchestre Philharmonique d'Israël est dirigé par Manfred Honeck.






mardi 12 juillet 2022

Stravinsky

 

Igor Stravinsky
Igor Stravinsky par Jacques-Emile Blanche (1915)


Stravinsky


Igor Fiodorovitch Stravinsky, né le 17 juin 1882 à Oranienbaum en Russie et mort le 6 avril 1971 à New York aux États-Unis, est un compositeur, chef d'orchestre et pianiste russe (naturalisé français en 1934, puis américain en 1945) de musique moderne, considéré comme l'un des compositeurs les plus influents du XXe siècle. 

Stravinsky a profondément marqué son époque par sa musique très originale. Il a abordé plusieurs styles :  musique nationale russe, néoclassicisme, musique sérielle. 

Il a révolutionné la musique de ballet avec "L'Oiseau de feu" (1910), "Petrouchka" (1911) et son œuvre maîtresse "Le Sacre du printemps" (1913) qui eurent une influence considérable sur la façon d'aborder le rythme en musique classique. 

Stravinsky fut un des premiers compositeurs classiques à intégrer le Jazz dans ses compositions. 

Il nous laisse un peu plus de 130 œuvres.

Je suis très attaché à ce compositeur original et assez unique dans son genre dans la musique classique. Je dirais que son originalité réside surtout dans la concision de ses œuvres, mais également dans sa formidable orchestration (en héritier de Rimsky-Korsakov) et sa maîtrise exceptionnelle des rythmes. On n'avait rien entendu de tel avant lui.

Sur les 134 oeuvres du compositeur, j'en ai sélectionné 47. Je vous les présente dans cette playlist, classées chronologiquement.

Voici les liens vers la playlist.

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D'autre part, je vous propose une sélection de mes albums préférés de Stravinsky. 

Les albums sont classés par date de composition de la première œuvre choisie. A noter que comme Stravinsky remanie très fréquemment ses œuvres, j'ai choisi l'année de composition de la première mouture.




1907 - Symphonies - Alexander Gibson & Neeme Järvi



1907 est l'année de composition de sa Symphonie No. 1, qui est également son opus numéro 1. On y ressent encore l'influence d'autre compositeurs tels que Glazunov, Tchaïkovsky, mais par dessus tout son professeur Rimsky-Korsakov.

La partition est en quatre mouvements et dure un peu plus de 30 minutes. En voici une version par le Tbilisi Symphony Orchestra dirigé par Vakhtang Kakhidze.



La Symphonie en Ut composée entre 1938 et 1940 est d'une toute autre nature. Elle correspond à la période néo-classique de Stravinsky. Et bien qu'il ait connu de nombreux drames en cette année 1938 (il perd successivement sa fille aînée, sa femme et sa mère), sa symphonie n'exprime en rien sa situation personnelle.

En voici une version pleine de légèreté par Vasily Petrenko à la tête du Royal Philharmonic Orchestra.



La Symphonie en trois mouvements a demandé 3 années pour être écrite, de 1942 à 1945. Elle est beaucoup plus ambitieuse que la symphonie en Ut et fait appel à un effectif orchestral plus étendu. Stravinsky y fait preuve d'un étonnant jeu sur les rythmes, et utilise le piano comme instrument percussif.

De nouveau, voici Vasily Petrenko à la tête du Royal Philharmonic Orchestra.



Enfin, voici la Symphonie pour instruments à vents. Un pièce d'environ 10 minutes, composée par Stravinsky en 1920 et correspondant donc à sa période russe.

Et pour la version choisie, on continue avec Vasily Petrenko à la tête du Royal Philharmonic Orchestra.





1908 - Le Rossignol & Renard - Natalie Dessay et James Conlon


Le Rossignol est un opéra en trois actes composé par Igor Stravinsky sur un livret du compositeur et de Stepan Mitoussov d'après le conte d'Andersen "Le Rossignol et l'Empereur de Chine". 

Il a été créé le 26 mai 1914 à l'Opéra de Paris au cours de la saison organisée par Diaghilev. Le début de sa composition remonte à 1908.

Extraite de l'acte 2, voici la Chanson du rossignol. "Ah, joie, emplis mon cœur" interprétée divinement par Natalie Dessay.




Cet album contient également "Renard". C'est "une histoire burlesque chantée et jouée" composée par Igor Stravinsky en 1916-1917, mais qui ne fut jouée pour la première fois qu'en 1922. 

Les textes ont été montés par le compositeur d'après le recueil de Contes populaires russes d'Alexandre Afanassiev. Le texte français a été rédigé par Charles-Ferdinand Ramuz, mais l'oeuvre est le plus souvent chantée en russe. Ce ballet met en scène un renard qui s'attaque à un coq en se déguisant en religieuse, puis en mendiante. Un chat et un bouc tentent de l'en empêcher et finiront par le tuer.

L'oeuvre comprend quatre rôles chantés: le coq (ténor), le renard (ténor), le bouc (basse) et le chat (basse).

En voici une version interprétée par l'Ensemble InterContemporain dirigé par Duncan Ward. Une pièce savoureuse et jubilatoire dans le style des bateleurs. 




1910 - L'Oiseau de Feu - François-Xavier Roth



En 1909-1910, Stravinsky compose à la demande de Diaghilev, pour les Ballets russes, un ballet inspiré d’un conte russe : "L’Oiseau de feu". 

En voici l’argument : "Ivan Tsarévitch voit un jour un oiseau merveilleux, tout d’or et de flammes ; il le poursuit sans pouvoir s’en emparer, et ne réussit qu’à lui arracher une de ses plumes scintillantes. Sa poursuite l’a mené jusque dans les domaines de Kachtcheï l’Immortel, le redoutable demi-dieu qui veut s’emparer de lui et le changer en pierre, ainsi qu’il le fit déjà avec maints preux chevaliers. 

Mais les filles de Kachtcheï et les treize princesses, ses captives, intercèdent et s’efforcent de sauver Ivan Tsarévitch. Survient l’Oiseau de feu, qui dissipe les enchantements. Le château de Kachtcheï disparaît, et les jeunes filles, les princesses, Ivan Tsarévitch et les chevaliers délivrés s’emparent des précieuses pommes d’or de son jardin." 

La partition de Stravinsky est irisée, et les timbres utilisés sont d’une grande nouveauté. Ce premier ballet rend le compositeur aussitôt célèbre. 

Ma version favorite est celle de François-Xavier Roth dirigeant l’orchestre "Les Siècles".

Voici en extrait la Danse Infernale du roi Kachtcheï :





1911 - Petrouchka - Pierre Boulez



Petrouchka, sous-titré scènes burlesques en quatre tableaux, est un ballet composé en 1910-1911. Le livret (l'histoire) a été imaginé par Alexandre Benois et Igor Stravinsky. 

Petrouchka a été créé le 13 juin 1911 au théâtre du Châtelet par les Ballets russes sur une chorégraphie de Michel Fokine et sous la direction de Pierre Monteux. Alexandre Benois en était le directeur artistique ainsi que l'auteur des décors et des costumes. 

Un an après "L’Oiseau de feu" et deux ans avant "Le Sacre du printemps", Stravinsky livre l’une de ses grandes partitions pour les Ballets russes. Le compositeur russe a eu la vision d’un pantin "subitement déchaîné qui, par ses cascades d’arpèges diaboliques, exaspère la patience de l’orchestre, lequel à son tour lui réplique par des fanfares menaçantes". Ce morceau burlesque et génial a entraîné une véritable révolution musicale.

Mon choix au disque va vers l'interprétation de Pierre Boulez à la tête du Cleveland Orchestra.

En vidéo, voici la "Danse Russe" dirigée par Valery Gergiev:




1913 - Le Sacre du Printemps - Riccardo Chailly



En 1913, Stravinsky compose le plus révolutionnaire de ses ballets: "Le Sacre du Printemps", sous-titré "Tableaux de la Russie païenne en deux parties". 

Il est chorégraphié originellement par Vaslav Nijinski pour les Ballets russes de Serge de Diaghilev. Sa création au théâtre des Champs-Élysées à Paris, le 29 mai 1913 a provoqué un des plus grands scandales de la musique. En effet, on peut penser que les spectateurs ont été plus que surpris par la nouveauté du langage musical utilisé par Stravinsky, ainsi que par la complexité rythmique de l’œuvre. 

Je me rappelle avoir lu le "Igor Stravinsky" d’André Boucourechliev ; il consacre un chapitre entier à l’explication des rythmes dans le "Sacre du Printemps". N'étant pas musicien, je suis resté complètement perdu par ces explications !

Certains passages de cette oeuvre me font le même effet que la "Musique pour cordes, percussion et célesta" de Bartok : quand j’écoute les "augures printaniers" je suis pris d’une envie irrésistible de danser. Stravinsky nous offre dans ce passage une véritable danse tribale. 

En écoutant attentivement l’œuvre, j’ai remarqué une ressemblance frappante entre l’Introduction de la 2ème partie (Le Sacrifice) et un passage de la musique du film Star Wars : "The Dune Sea of Tatooine". Ce qui semble confirmer que Stravinsky a largement influencé John Williams. 

On peut d’ailleurs considérer la musique du "Sacre" comme très cinématographique, il suffit pour s’en persuader de se rappeler sa réutilisation dans le film "Fantasia" de Walt Disney, dans le passage sur la terre primitive et les dinosaures. 

En 2017 est sortie une fantastique version du "Sacre" dirigée par Riccardo Chailly à la tête du Lucerne Festival Orchestra. En outre, cet album contient le premier enregistrement mondial du "Chant funèbre", qui était considéré comme perdu et fut retrouvé seulement en 2015.

Pour le centenaire de la création du "Sacre", la chaîne Arte a diffusé le ballet reconstitué dans la chorégraphie originale de Nijinski, dirigé par Valery Gergiev. 

Voici une version par Mikko Franck à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Radio France:





1917 - Le Chant du Rossignol - Pierre Boulez



"Le Chant du rossignol" est un poème symphonique en trois parties, qu'Igor Stravinsky adapte en 1917 pour les Ballets russes de Serge de Diaghilev d'après son opéra "Le Rossignol", créé en 1914. 

La première représentation en ballet n'a toutefois lieu qu'en 1920. L'œuvre reprend l'essentiel des deuxième et troisième actes de l'opéra et dure environ vingt minutes.

Mon choix se porte sur cet album de Pierre Boulez à la tête du Cleveland Orchestra, qui fournit un couplage avec la suite de L'Histoire du Soldat, le Scherzo Fantastique et le Roi des Etoiles.

Voici "Le Chant du Rossignol" dirigé par John Adams à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Radio France.



Voici le "Roi des Etoiles" ("Zvezdolikiy" en russe, littéralement "Celui qui a le visage comme une étoile"), une cantate pour chœur d'hommes et grand orchestre composée par Igor Stravinsky à Paris entre 1911 et 1912 sur un poème de Constantin Balmont.





1917 - Les Noces - Robert Craft




Les Noces sont des "scènes chorégraphiques russes avec chant et musique" composées par Igor Stravinsky entre 1914 et 1917, mais dont l'instrumentation n'a été achevée qu'en 1923.

L'oeuvre relate un mariage paysan russe et est composée de quatre tableaux s'enchaînant sans interruption, durant environ vingt-cinq minutes :
  1. La tresse
  2. Chez le marié
  3. Le départ de la mariée
  4. Le repas de noces
Au disque, je vous propose la version dirigée par Robert Craft qui fut le fidèle assistant de Stravinsky.

Sous Youtube, je vous propose la version dirigée par Valery Polyansky avec Marianna Asvoynova (soprano), Lyudmila Kuznetsova (mezzo-soprano), Maxim Sazhin (ténor) et Ruslan Rozyev (basse).




1918 - L'Histoire du Soldat - Charles Dutoit





"L’histoire du soldat" est née en 1918 de la rencontre d’Igor Stravinsky, réfugié en Suisse dans le canton de Vaud pour échapper aux horreurs de la première guerre mondiale, avec Charles Ferdinand Ramuz écrivain suisse francophone. 

S’inspirant d’un recueil de contes russes d’Afanassiev, "Le déserteur et le diable", Ramuz conçoit un livret qui dépasse le caractère spécifiquement russe du texte en lui donnant une portée universelle qui rejoint le mythe faustien. 

L’argument est le suivant : Un jeune soldat qui rentre chez lui en permission rencontre le diable et lui vend son violon – c’est à dire son âme – en échange d’un livre qui prédit l’avenir et qui le rendra très riche. Sa nouvelle condition d’homme libre et fortuné finira malheureusement par lui être fatale. 

Sept musiciens et leur chef accompagnent trois comédiens. Ce ballet-opéra de chambre dont l'ambiance emprunte au cirque ambulant et au jazz comporte plusieurs courts tableaux dont certains sont inspirés de diverses danses : tango et même ragtime. 

En disque, j'ai choisi la version dirigée par Charles Dutoit avec François Berthet, François Simon et Gérard Carrat à la narration, parce que les narrateurs utilisent une diction inspirée par le parler suisse du canton de Vaud.

"L'histoire du soldat" est une des grandes réussites de Stravinsky. La musique en est très savoureuse et on se délecte à écouter l'histoire fantastique de ce soldat piégé par le diable.

Voici quelques extraits de cette version sous Youtube.



On notera que l'œuvre de Stravinsky a influencé un de mes artistes préférés, Frank Zappa. 

Zappa, fidèle à son habitude, nous livre une version débridée de la marche royale de l'histoire du soldat:



Pour comparer, réécoutons la version originale de Stravinsky:





1918 - Ragtime - Chamber Works & Rarities - Ashkenazy & Dutoit



J'ai sélectionné ce double album car il vous donne la possibilité d'écouter certaines des meilleures œuvres de musique de chambre de Stravinsky:
  • Ragtime
  • Octuor
  • 3 Pièces pour clarinette seule
  • Suite de l'Histoire du Soldat
  • Pastorale
  • Concertino
  • Septuor
  • Epitaphium
  • Concerto pour 2 pianos
  • Concerto "Dumbarton Oaks"
  • Danses concertantes
  • Concerto en ré "de Bâle"
  • Quatre études
  • Quatre impressions norvégiennes
  • Suites 1 & 2
C'est vous dire que vous avez ainsi une vue quasi complète sur la musique de chambre de Stravinsky et en particulier sur sa musique influencée par le Jazz.

A noter que si vous êtes intéressé par les morceaux de Stravinsky influencés par le Jazz, l'un des meilleurs albums est celui dirigé par Stravinsky lui-même. Je ne sais pas s'il est encore distribué, mais on le trouve dans le coffret en 22 CD "Works of Igor Stravinsky" chez Sony (il s'agit du CD numéro 12).

Le "ragtime" est un ancêtre du jazz et a connu ses lettres de noblesse avec le compositeur Scott Joplin. L'oeuvre de Stravinsky est pour 11 instruments.

Voici la version dirigée par Vladimir Ashkenazy, on y remarquera l'utilisation d'un cymbalum.



Voici le concertino pour 12 instruments:



Les musiciens de l'Orchestre philharmonique de Radio France jouent l'Octuor pour instruments à vent d'Igor Stravinsky.





1920 - Pulcinella - Christopher Hogwood



Pulcinella est certainement le ballet le plus charmant composé par Stavinsky dans sa période néo-classique. En l’occurrence c'est aux maîtres du baroque qu'il rend hommage ici en réutilisant du matériel musical de Pergolèse et de Domenico Gallo.

Christopher Hogwood, dans cet album, sait bien donner le ton baroque à ces pièces charmantes et enjouées. De plus, il nous permet d'entendre les œuvres originales dont Stravinsky s'est inspiré.

En 1922, Stravinsky en tire une suite qui dure un peu plus de 20 minutes. C'est cette dernière que j'ai sélectionnée dans une interprétation de François Leleux à la tête du Frankfurt Radio Symphony Orchestra. Je vous recommande mon passage favori le "Vivo" à 17:17.




1924 - Musique pour piano et orchestre - Steven Osborne & Ilan Volkov




J'ai sélectionné un album qui permet d'entendre l'intégrale de la musique pour piano et orchestre de Stravinsky avec Steven Osborne au piano et Ilan Volkov à la direction du BBC Scottish Symphony Orchestra.

J'ai sélectionné 3 œuvres de l'album.

Tout d'abord le concerto pour piano et instruments à vent. Composé en 1924, ce concerto fait partie de la période néo-classique et a cette particularité que l'orchestre n'est constitué que d'instruments à vent. On retrouvera ce type de formation notamment dans le concerto de chambre d'Alban Berg.

En voici une version par le University of Michigan Symphony Band dirigé par Michael Haithcock avec Liz Ames au piano. On remarquera que certains passages sonnent jazzy.




Le Capriccio pour piano et orchestre a été écrit par Igor Stravinsky à Nice en 1926-1929. La partition a été corrigée en 1949.

Comme son Concerto pour piano et instruments à vent, il fait partie des pièces alimentaires que le compositeur a écrites durant la même période, conçues pour qu'il en soit lui-même l'interprète au clavier. Malgré tout, ce concerto est remarquable et va plus loin qu'une commande de nécessité.

La pièce a été créée le 6 décembre 1929 par Ernest Ansermet et Stravinsky au piano. Elle comporte trois mouvements devant être joués sans discontinuité. Son exécution dure un peu moins de vingt minutes.
  • Presto
  • Andante rapsodico
  • Allegro capriccioso ma tempo giusto
J'ai sélectionné une superbe version interprétée par la talentueuse Yulianna Avdeeva dirigée par Kent Nagano.



On termine avec les "Mouvements pour piano et orchestre", une pièce orchestrale en cinq mouvements. Composée en 1959, elle est créée le 10 janvier 1960 sous la direction du compositeur avec Margrit Weber au piano. 

L'ouvrage, d'une grande richesse rythmique, fait partie de la période sérielle. En 1963 à New York George Balanchine en a tiré une adaptation chorégraphique.

J'ai sélectionné la version avec le Mahler Chamber Orchestra dirigé par George Benjamin et Tamara Stefanovich au piano.




1928 - Le Baiser de la Fée - Fritz Reiner



Le "Baiser de la fée" ("The Fairy's Kiss") est un ballet néo-classique en quatre scènes. S'inspirant du conte d'Andersen "La Reine des neiges", Stravinsky en a fait un hommage à Tchaïkovski, empruntant des thèmes aux œuvres de jeunesse du compositeur.

Chorégraphié par Bronislava Nijinska, le ballet est créé à l'Opéra de Paris le 27 novembre 1928. Les décors et costumes sont d'Alexandre Benois et les principaux interprètes en sont Ida Rubinstein, Anatole Vilzak et Ludmilla Schollar.

J'ai sélectionné un album au couplage original puisqu'il nous permet d'entendre une oeuvre peu connue, "Mysterious Mountain" d'Hovhaness et la suite de Lieutenant Kijé de Prokofiev. L'album nous livre ici le "Divertimento" extrait du "Baiser de la fée".

Sous Youtube, j'ai sélectionné la version de Fritz Reiner.





1930 - Symphonie de Psaumes - Robert Craft



L'album suivant est à nouveau dirigé par Robert Craft. Il s'agit d'un ensemble de musiques sacrées. La plus célèbre de ces œuvres est la "Symphonie de Psaumes" composée en 1930.

Stravinsky avait en tête une symphonie chorale sur les Psaumes depuis un certain temps: il choisit d'écrire pour un ensemble choral et instrumental où les deux éléments sont à égalité. 

Pratiquant régulier depuis 1926 après des années d'indifférence à la religion orthodoxe, il choisit alors le populaire "Laudate Dominum" tant pour son universalité que pour sa thématique qui est la louange de Dieu par la musique.

La partition porte l'inscription suivante : "Cette symphonie composée à la gloire de DIEU est dédiée au Boston Symphony Orchestra à l'occasion du cinquantième anniversaire de son existence".

La particularité de cette pièce est le mélange volontaire que fait Stravinsky par rapport aux traditions. En effet, une symphonie est de nature profane (sans lien avec la religion) et le psaume appartient au domaine du sacré. Cette pièce est une nouveauté car elle brise les coutumes. 

La création a lieu à Bruxelles lors d'un Festival Stravinsky le 13 décembre 1930, le chœur et l'orchestre de la Société Philharmonique étant dirigés par Ernest Ansermet; elle est jouée six jours plus tard à Boston par ses commanditaires.

Il s'agit d'une oeuvre imposante et comme souvent avec les œuvres chorales, impressionnante. Je vous laisse juger en écoutant cette version du Chœur de l'Orchestre de Paris sous la direction de Daniel Harding.





1931 - Concerto pour Violon - Itzhak Perlman




Le concerto pour violon de Stravinsky est certainement une de ses meilleures œuvres néo-classique. 

C'est à la demande du violoniste américain Samuel Dushkin, qu'Igor Stravinsky entreprend la composition de son Concerto en ré majeur pour violon et orchestre. L'œuvre est créée à Berlin, le 23 octobre 1931, par Dushkin sous la direction du compositeur.

Stravinsky a choisi une forme en quatre mouvements :
  1. Toccata
  2. Aria I
  3. Aria II
  4. Capriccio.
Les deux mouvements extrêmes exigent une très grande virtuosité tant de la main gauche que de l'archet : leurs tempos vifs encadrent les deux arias centrales plus lentes. L'écriture est contrapuntique, dans le style de Jean-Sébastien Bach et brillante dans celui de Carl Maria von Weber.

J'ai choisi sous Youtube la version interprétée par Patricia Kopatchinskaja dirigée par Andrés Orozco-Estrada. Patricia Kopatchinskaja y met une fougue et un plaisir de jouer peu communs. On remarquera au passage la robe très originale de la soliste, que l'on croirait sortie du "Sacre du Printemps" !





1936 - Jeu de Cartes - Ilan Volkov



L'album suivant est composé de trois ballets: Jeu de Cartes (1936), Orpheus (1947) et Agon (1957).

Jeu de cartes, ballet en trois donnes est un ballet néo-classique d'Igor Stravinsky, composé en 1936-1937, sur un livret du compositeur et une chorégraphie de George Balanchine.

Le ballet montre comment les cartes les plus élevées, c'est-à-dire les personnes les plus importantes, peuvent parfois être défaites par de petites cartes. La partition comporte en exergue la morale de la fable "Les Loups et les Brebis" de Jean de La Fontaine.

En voici un court extrait dirigé par Ivan Fischer à la tête du Berliner Philharmoniker:



Voici un extrait d'Orpheus, le solo des Cors, dirigé par Karina Canellakis.



Voici un document historique, Stravinsky qui dirige le début du ballet Agon en 1957:




1942 - Stravinsky in America - Michael Tilson Thomas



L'album "Stravinsky in America" contient un pot-pourri d'oeuvre de Stravinsky tels que Circus Polka (1942), Scherzo à la russe, le concertino pour 12 instruments, le ballet Agon et les variations Aldous Huxley in memoriam.

Composée en 1942 pour une commande de George Balanchine pour un numéro d'éléphants du cirque Barnum, la "Circus Polka" est créée le 13 janvier 1944. David Ruskin en tira une version pour orchestre d'harmonie prévue pour les représentations au cirque.



Composé à l'origine pour un orchestre de jazz, celui de Paul Whiteman en 1944 et, réécrit en 1945 pour orchestre symphonique, le "Scherzo à la russe" est créé le 22 mars 1946 à San Francisco sous la direction du compositeur. Le titre est celui d'une œuvre pour piano de Tchaïkovski.



Les "Variations Aldous Huxley in memoriam" font partie de la période sérielle de Stravinsky.




1945 - Ebony Concerto - Pierre Boulez




On termine cette sélection avec ce superbe album de Pierre Boulez qui interprète des concertos pour orchestre de chambre de Stravinsky et Alban Berg.

L'Ebony Concerto pour clarinette et orchestre d'harmonie est un concerto grosso d'Igor Stravinsky composé en 1945 pour le clarinettiste Woody Herman. Il est créé à New York le 25 mars 1946 par le dédicataire et First Herd, son orchestre de jazz dirigé par Walter Hendl.

L'Ebony Concerto fait partie des meilleures œuvres influencées par le Jazz.

En voici une version par Simon Rattle dirigeant le London Symphony Orchestra et Chris Richards à la clarinette.



La même oeuvre par l'Ensemble InterContemporain dirigé par Pierre Boulez:




samedi 27 juillet 2019

Prokofiev (Sergueï)

Sergueï Prokofiev



Sergueï Prokofiev


Sergueï Prokofiev, né le 11 avril 1891 à Sontsivka (Ukraine, Empire russe), mort le 5 mars 1953 à Moscou (URSS), est un compositeur ukrainien et soviétique de musique classique, un pianiste et un chef d'orchestre. 

Il est l'auteur de nombreuses œuvres musicales allant de la symphonie au concerto, de la musique de film à des opéras ou des ballets et a été reconnu de son vivant comme un artiste d'avant-garde très créatif. 

Élève au conservatoire de Saint-Pétersbourg, il remporta le prix Anton Rubinstein en tant que meilleur étudiant en piano. Il est connu du jeune public pour son conte musical pour enfants "Pierre et le Loup".

Je vous ai préparé une première playlist avec une sélection de dix œuvres emblématiques du compositeur.

Voici les liens vers la playlist.

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Ensuite, voici une deuxième playlist. Elle est intitulée "Visions de Prokofiev", ce nom étant inspiré par le titre d'un des albums de la sélection.

Cette playlist permet d'entendre les œuvres suivantes de Prokofiev:
1- Sarcasmes Op. 17
2- Le Bouffon (Chout), ballet Op. 21
3- Quintette en sol mineur Op. 39
4- Ouverture sur des thèmes juifs Op. 34bis
5- Concerto pour violon No. 2 Op. 63
6- Sonate No. 8 Op. 84
7- Cendrillon, ballet Op. 87
8- Sonate pour violon No. 1 Op. 80
9- Sonate pour violon No. 2 Op. 94bis
10- Symphonie Concertante por violoncelle et orchestre Op. 125

Voici les liens vers la playlist.

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D'autre part, je vous ai concocté une playlist sur la musique russe.

Je vous propose les plus belles pages de la musique russe des XIXème et XXème siècles, à travers les œuvres immortelles des plus grands compositeurs russes.

Avec des compositeurs connus tels que Chostakovitch, Borodine, Moussorgsky, Khachaturian, Prokofiev, Stravinsky, Rimsky-Korsakov, Tchaikovsky, Rachmaninov ou Scriabine.

Et des moins connus comme Cui, Ippolitov-Ivanov, Arensky, Glazounov, Kalinnikov, Glière, Glinka, Taneyev, Lyadov, Balakirev, Medtner, Kabalevsky, Weinberg et enfin Kapoustine.

Voici les liens vers la playlist:

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Enfin, je vous ai également préparé une sélection de mes albums préférés du compositeur.

Symphonie No. 1 "Classique"


Prokofiev a composé 7 Symphonies, parmi celles-ci il y en a une qui se démarque, il s’agit de la Symphonie No. 1 Op. 25 dite « Classique ». 

En effet cette symphonie est tout ce qu’il y a de plus néo-classique de par sa forme et son orchestration. C’est une œuvre très plaisante et très facile à apprécier. 

Dans le premier mouvement, allegro, on entend des phrases très virtuoses jouées par le basson. Il laisse un grand rôle aux instruments à vent et notamment la flûte. Ce mouvement est très enlevé, voir endiablé. 

Le second mouvement, larghetto, est plus lent et dominé par une phrase des cordes, proche d’un menuet. Ce mouvement lorgne vers une musique de cour imaginaire, et utilise très largement les pizzicati. Le second thème est plus pastoral. 

Le troisième mouvement, gavotte, est plein d’élégance et de raffinement, il m’évoque un folklore imaginaire. Enfin, le quatrième et dernier mouvement, molto vivace, est très vif et très léger. 

On entend un thème aux instruments à vent : flûte et clarinette. Le mouvement est sautillant, il s’agit d’une sorte danse endiablée et joyeuse, qui n’est pas sans évoquer le monde de l’enfance. 

Ma version favorite des symphonies de Prokofiev, et de la Symphonie No. 1 en particulier est celle de Gennady Rozhdestvensky à la tête du Moscow Radio Symphony Orchestra. Cette intégrale a d’ailleurs reçu le grand prix de l’académie Charles Cros. 

En vidéo, voici une autre version, celle dirigée par Alondra de la Parra.





Symphonie No. 5



La deuxième symphonie qui a retenu mon attention est la Symphonie No. 5 Op. 100, par la qualité des thèmes utilisés et par les nombreux changements de rythmes présents dans la plupart des mouvements. 

Le premier mouvement, andante, nous livre une mélodie imposante aux cuivres et des répétitions insistantes. 

Le deuxième mouvement, allegro marcato, nous fournit un thème principal énoncé à la clarinette avant d’être repris par les cordes. Le thème est sautillant et le rythme soutenu, la musique est goguenarde. 

Par contre, le troisième mouvement, adagio, est très statique. La musique est un peu dissonante et pas très joyeuse. 

Enfin, le dernier mouvement, allegro giocoso, est certainement le passage le plus réussi de la symphonie, aux nombreux changements de rythmes. Les instruments à vent introduisent le premier thème, assez lentement. Puis le rythme s’accélère sur un thème énoncé à la clarinette. On entend par moment le triangle, la musique est à nouveau joyeuse, presque sarcastique. 

Un thème est énoncé à la flûte et à la clarinette, puis arrivent des coups de caisse claire. L’orchestre s’enrichit progressivement, et subitement la tension augmente. On peut alors imaginer que la musique nous emmène dans une sorte de train, et par moment à un rythme endiablé. 

A partir de 7:28, un rythme répété et insistant fait du finale un morceau absolument jubilatoire ! 

Je trouve que la version qui traduit le mieux ces variations de rythmes et ces couleurs orchestrales, avec l’importance donnée aux vents, est celle dirigée par Valery Gergiev à la tête du Mariinsky Orchestra. 






Romeo et Juliette



L’une des œuvres les plus poignantes de Prokofiev, particulièrement en raison de la beauté des thèmes utilisés, est son fameux ballet "Romeo et Juliette" Op. 64. 

Prokofiev le signa pour le théâtre du Bolchoï en 1935. Mais les danseurs le jugèrent indansable à cause des complexités rythmiques. 

Il s’agit d’une œuvre de plus de 2 heures. 

J’ai retenu ci-dessous les passages qui me semblent les plus intéressants (étant bien entendu que le ballet mérite certainement une écoute complète):
  • No. 6 : le combat : passage virevoltant,
  • No. 7 : le commandement du Duc : ce morceau commence par une mesure dissonante très impressionnante,
  • No. 10 : Juliette : elle est représentée par un thème très sautillant,
  • No. 12 : Les masques : une sorte de marche assez grotesque,
  • No. 13 : La danse des chevaliers : c’est pour moi le plus beau morceau jamais écrit par Prokofiev : une mélodie sublime, un rythme à la fois sauvage et angoissant, il donne toute la mesure du drame qui va se jouer,
  • No. 24 : La danse des cinq couples : on entend le thème principal confié au hautbois, le rythme est enjoué,
  • No. 30 : Le peuple continue d’être joyeux : il s’agit de la suite du No. 24,
  • No. 36 : Finale de l’acte II : la musique évoque le destin qui frappe,
  • No. 37 : Introduction : ce morceau commence par une dissonance énorme jouée fortissimo par tout l’orchestre, aussitôt suivie d’une musique jouée très doucement, l’effet est saisissant,
  • No. 46 : La chambre de Juliette : Prokofiev introduit une musique pleine d’exotisme,
  • No. 51 : Les funérailles de Juliette : on entend les cordes qui sont tendues au maximum, donnant un effet très dramatique,
  • No. 52 : La mort de Juliette : Prokofiev termine sur une mélodie absolument déchirante.

Mon interprétation favorite est celle de Valery Gergiev, qui se révèle décidément un excellent interprète de Prokofiev, à la tête du London Symphony Orchestra. 

La danse des chevaliers



Alexandre Nevsky



En 1938, le cinéaste russe Sergueï Eisenstein réalise le film "Alexandre Nevsky" sur la vie du célèbre héros national russe qui vécu au XIIIème siècle et fut à la fois prince et saint de l’église orthodoxe. 


Il est surtout célèbre pour deux victoires militaires essentielles dans l'histoire de la Russie : la première contre les Suédois à la bataille de la Neva le 15 juillet 1240 et la seconde à la bataille du lac Peïpous sur les glaces du lac éponyme en avril 1242 contre les chevaliers de l'ordre Teutonique, installés dans la région depuis 1237. 

La première de ces victoires lui valut son surnom de Nevski (« de la Neva »). 

Eisenstein demande à Prokofiev d’écrire la musique de son film. Ce sera une réussite complète et on peut dire que la musique et le film réalisent une fusion complète. Ce film est toujours considéré comme un des chefs-d'œuvre du cinéma. 

Prokofiev tire de la musique du film une cantate qui compte parmi ses plus belles œuvres : c’est une pièce très descriptive et très prenante, elle compte 7 parties :

  • I. La Russie sous le joug mongol : il s’agit d’un mouvement lent introductif d’une beauté sombre,
  • II. Chant sur Alexandre Nevsky : on peut entendre de très beaux chœurs russes qui content la victoire russe près de la Neva,
  • III. Les croisés dans Pskov : l’atmosphère est très sombre, on entend le thème des chevaliers Teutoniques : les cuivres jouent dans le grave, puis intervient le chœur dans un passage très dramatique. L’orchestration est superbe et le chœur évoque toute la ferveur du peuple russe qui rêve de liberté,
  • IV. Debout, peuple russe : Il s’agit d’un des grands passages du film (ainsi que de la musique) : ferveur populaire, percussions martelées : cela exprime que tout le peuple se mobilise pour la lutte, le chœur des hommes est suivi du chœur des femmes. La mélodie est sublime et entre facilement dans la tête,
  • V. La bataille sur la glace : il s’agit de la description de la bataille du lac Peïpous. L’ensemble est très animé : on y entend les chœurs, les cuivres, les percussions ainsi que de nombreuses dissonances qui ajoutent au dramatisme de la scène. La pièce se termine dans une atmosphère lugubre et recueillie qui annonce la pièce suivante,
  • VI. Le champ des morts : dans cette partie s’élève la plainte de la mezzo-soprano qui cherche son bien-aimé parmi les morts. La musique est très sombre et lugubre,
  • VII. L’entrée d’Alexandre Nevsky dans Pskov : Cette pièce célèbre la victoire d’Alexandre Nevsky qui rentre en triomphateur dans Pskov libérée. On entend un chœur triomphal, suivi d’une reprise des thèmes antérieurs. Des cloches de victoire résonnent, c’est la liesse générale. On entend un thème aux vents typique de Prokofiev. La fin de la pièce est grandiose.

De part sa richesse orchestrale, ses couleurs et la qualité des chœurs – qui pourtant sont anglais et non russes – ma version préférée est celle de Claudio Abbado qui dirige le London Symphony Orchestra, le London Symphony Chorus et la mezzo-soprano Elena Obraztsova. 

Cet album permet en outre d’entendre la suite "Lieutenant Kijé" tirée également d’une musique de film, on y entend la célèbre "Romance".

Anecdote : La 5ème partie, la bataille sur la glace, m’évoque le puissant tableau de Caspar David Friedrich "La mer de glace".



Voici la bataille sur la glace extraite du film d'Eisenstein:




Pierre et le loup




Enfin, il est à noter, pour ceux que l’anglais ne rebute pas et qui ont gardé leur âme d’enfant, qu’il y a une très recommandable version du conte "Pierre et le Loup" dirigée par Eugene Ormandy et dont le narrateur est David Bowie, qui se révèle un excellent conteur avec une voix grave et un accent très "british".